jeudi 17 décembre 2009

Les riverains du feu

anthologie rassemblée par Christophe Dauphin
Le nouvel Athanor, 516 p., 24 €

(La Croix du 17 décembre 2009)

Dès la préface, l’éditeur et poète Jean-Luc Maxence prévient : «Enfin, nous sortons franchement des sentiers trop connus. Nous explorons sans crainte des œuvres brisées par la maladie, la solitude ou la mort. Nous rencontrons et saluons des signatures inhabituelles ». Loin des cercles de poètes adoubés par une poignée de grands éditeurs et d’institutions prestigieuses, Christophe Dauphin a voulu ici rendre hommage aux poètes, illustres ou inconnus, qui creusent, sous de multiples formes, le sillon de l’ «émotivisme ». Sensiblerie ? L’auteur préfère parler d’une « trouée dans la langue, aventure multipliée d’un langage aux grands pouvoirs, capricant et fraternel ». Cette somme est aussi un hommage aux dizaines de revues et petites maisons qui abritent, dans l’ombre, l’essentiel de la création poétique actuelle. Rien que pour elles, il fallait le faire.
F-X.M.

mardi 15 décembre 2009

"Esprits poétiques" n° 2


L'association Hélices Poésie se donnera en spectacle
mardi 15 décembre à 19h45
à la Scène Watteau, théâtre de Nogent
1 Place du Théâtre
94130 Nogent Sur Marne
01 43 24 76 76
pour une soirée de lectures et de musique
à l'occasion de la parution du deuxième numéro
de la revue "Esprits poétiques : Le Capital des mots"
(dans laquelle figure mon poème "Bleu nuit", aux côtés de Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand, Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, Michel Cassir, France Burghelle Rey, Patrice Cazelles, Denis Emorine, Françoise Coulmin, Charles Dobzynski, Laurent Fels, Constantin Frosin, Jean Gédéon, Pierre Kobel, Patricia Laranco, Colette Nys-Mazure, Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau)

lundi 14 décembre 2009

Revue "Arpa" n° 97



5 poèmes parus dans la dernière livraison de cette superbe revue, dirigée par Gérard Bocholier, poète de haute stature, habité et généreux. Un de ses derniers ouvrages : "Jour au-delà", Rougerie, 2006. Merci à lui, et à son comité de lecture, pour leur soutien !

mercredi 9 décembre 2009

Le cri du coeur d'un poète...

Un texte reçu du poète Jean-Pierre Lesieur, responsable de la revue "Comme en poésie".


LETTRE A UN JEUNE POÈTE QUI NE SAURA JAMAIS QUE JE LUI AI ÉCRIT


J’aime écrire à des gens qui ne me liront jamais. C’est un plaisir que je suce lentement comme un glaçon à la menthe.
Je lui dirai, à ce jeune poète, du haut de la connerie de ma vieillesse qu’il a beaucoup de chance d’être jeune, beau et poète. Qu’il a beaucoup de chance de ne pas avoir connu une muse de contrebande qui le plaquera pour le premier motard venu.
Je lui dirai qu’il y a un âge où il faut se résigner à faire d’autres choses bizarres qui ne soient pas de la poésie et surtout pas des vers alors qu’il est d’extrême importance de gagner sa vie pour fonder une famille bien chrétienne pleine de petits enfants bien chrétiens qui prieront tous les soirs pour le repos de leur bien chrétien papa de poète mort-né.
Je lui dirai qu’il a intérêt à lire tous ces confrères avant de faire ses classes en évitant ceux des écoles qui ne lui feront faire que des classes sans poésie.
Qu’il ne faut aussi compter sur personne et que la pluie et le beau temps des poètes n’a plus aucun sens et qu’il doit éviter de tirer sur les ambulances surtout si elles vont dans tous les sens.
Je lui dirai des vers qu’il n’a jamais entendu écrit par le plus grand poète de notre temps : ANTHOLOGIE.
Je lui dirai de ne pas écouter ces vieux cons qui en savent toujours plus que les autres parce qu’ils ont tout oublié... ce qui est un gros mensonge.

Je lui dirai qu’il n’y a pas de grande différence entre un poète de maintenant et un poète du passé quand il écrit au présent du supputatif.
Je lui dirai de ne pas prendre pour argent comptant les flatteries et autres compliments, ni pour la fête des pères, ni pour la fête des poètes car il y aura assez de gens pour lui faire sa fête tous les jours.
Je lui dirai de ne pas désespérer Billancourt qui a vachement changé depuis le temps où il y travaillait à la chaîne.
Je lui dirai qu’il faut bien dix mille verges pour battre sa coulpe sans risquer de se tromper.
Je lui dirai qu’il faut savoir mourir avant d’écrire quoi que ce soit pour qui que ce soit et que savoir écrire s’apprend au fil de la plume de la vie.

lundi 30 novembre 2009

"Comme en poésie" n° 40 (décembre 2009)

Quelques uns de mes textes seront publiés dans le prochain numéro de Comme en poésie, revue animée par le très actif et attachant Jean-Pierre Lesieur, revuiste, poète, artisan...

Avec Hervé Merlot, Esther Moïsa ou encore Jean L’Anselme...

vendredi 27 novembre 2009

Fou de Marie

de Pierre Tanguy, Éd. la Part commune, 78 p., 12 €

Dans le petit monde de la poésie contemporaine, Pierre Tanguy fait figure de franc-tireur. Déjà par sa fibre spirituelle, assumée et cultivée. Ensuite par la pureté de son écriture, limpide, lumineuse, dépourvue de maniérisme. S’inspirant d’une légende bretonne du XIVè siècle, il redonne vie, dans son dernier recueil, à Salaün ar flo (Salomon le fou), « idiot du village » sillonnant la campagne en acclamant la Vierge. Après sa mort, raconte-t-on, survinrent des merveilles… Au-delà d’une fable chère à son enfance, l’auteur livre une vibrante méditation sur l’altérité et l’acceptation du plus faible. Le tout avec une façon très franciscaine de déceler Dieu dans le dépouillement et la beauté de la nature.
F-X.M.

mardi 24 novembre 2009

Comme un silence dans un souffle

de Patrick Lannes. Éditions Zurfluh, 432 p., 30 €

(La Croix du 12 novembre 2009)

Un recueil de poèmes ? Une symphonie de mots, plutôt. Ample et généreuse, jamais obscure. Car Patrick Lannes, 54 ans, a voulu livrer ici la synthèse de sa passion croisée pour la poésie et la musique. L’auteur en appelle aux compositeurs qui l’inspirent – Franz Schubert, Robert Schumann… – mais aussi aux poètes dont il revendique la filiation – Gilles Baudry, Claude Vigée, Hélène Cadou… Si l’ouvrage peut effrayer par son imposante consistance, l’harmonieuse souplesse du phrasé, la beauté et la simplicité des images suffisent à gagner le lecteur, même le plus hermétique à la poésie contemporaine ! « Ce sont mes lèvres/Flûte aérée de notes :/De cascade en cascade/Délicate/Elles chantent/Pour votre lecture », écrit-il. À lire, de toute évidence. Mais surtout, à écouter…
F-X.M.

lundi 23 novembre 2009

Le chant du feu

d’Éric de Rus. Préface d’André Gouzes, Éd. Atlantica, 36 p., 12 €

(La Croix du 12 novembre 2009)

L’auteur publie son premier recueil de poésies. Et il fait bien ! Car les vers que voici résonnent d’une parole venue de plus loin qu’eux : « Un chant secret traverse toutes choses », écrit-il. Et ailleurs : « Jésus,/Quelle étroite alliance/Que celle du souffle partagé ! » Sans doute ce professeur, agrégé de philosophie et fin connaisseur de la pensée d’Edith Stein, a-t-il glané dans ses multiples lectures de quoi se forger un univers littéraire dense et lumineux. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’intensité spirituelle, la singulière incandescence de ce Chant du feu. Son secret ? Le sens de l’écoute et le goût du silence, à l’évidence. Ses poèmes, en forme de méditations, font mouche à chaque page. De bien belle manière, Éric de Rus, qui conçoit la poésie comme le « bruissement de la forge souterraine », signe son entrée dans le paysage poétique français. À lire, sans hésiter !
F-X.M.

mercredi 18 novembre 2009

Roland Nadaus, de la politique à la poésie

À 63 ans, cet ancien conseiller général des Yvelines vient de recevoir un prix pour l’ensemble de son œuvre poétique

(La Croix du 9 avril 2009)

«Un débutant, un inconnu. » C’est ainsi que Roland Nadaus se présente, avec une once de malice. Mais sans amertume. Pendant quarante ans, cet écrivain a souvent vu son œuvre desservie par un parcours politique sans doute trop encombrant aux yeux des élites littéraires. Inconfort qui, parfois, l’incita à se fendre d’un pseudonyme. Mais depuis qu’il s’est retiré de la vie publique et n’est « plus membre d’aucun parti », le vent tourne. Le 24 mars 2009, il recevait le grand prix de l’Académie des sciences morales, lettres et arts de Versailles et d’Île-de-France pour « l’ensemble de son œuvre ». Quelques mois plus tôt, l’anthologie Poésies de langue française (1) lui dédiait plusieurs pages.

En quatre décennies, l’homme a publié une soixantaine d’ouvrages, dans des registres très diversifiés – poésie, pamphlets, contes, romans –, portés par une incandescence et un souffle rarement pris en défaut. Chez Nadaus, les mots claquent, surgissent là où on ne les attend pas, se jouent de la polysémie, les images fusent, la ponctuation s’affranchit de ses carcans… Une écriture généreuse et exigeante, teintée d’humour, et, parfois, de provocation, qui reflète avec justesse l’affabilité et la bonhomie du personnage.

De sa double vie passée, il évoque l’une et l’autre avec égale ferveur. « Sans la poésie, je n’aurais pas pu supporter la politique, elle aussi nécessaire », confesse-t-il, de sa voix légèrement rauque. Maire socialiste de Guyancourt de 1983 à 2002, conseiller général des Yvelines de 1995 à 2008, il contribua à l’essor de la ville nouvelle de Saint-Quentin. Sous ses mandats naquirent une université, une maison de la poésie et des quartiers entiers… D’innombrables poètes – parfois même vivants ! – ont vu leurs noms envahir le fronton des bâtiments publics, des places et des rues. Car le maire a fait sienne la devise d’Aimé Césaire : « Bâtir un poème et bâtir une ville/C’est un peu la même chose. »

À l’écouter, poésie et action n’ont rien d’incompatible. Art de vivre à part entière, la première est même la source de la seconde : « J’ai toujours voulu donner des mains à mes mots et vice versa », assure l’ancien élu. Libéré de ses fonctions, il se consacre à sa famille – marié, une fille et un petit-fils –, à son verger normand et à son œuvre de papier. Avec une acuité nouvelle : voici trois ans, le poète renouait avec une foi longtemps ensommeillée (lire son témoignage dans La Croix du 24 janvier). Ses Prières d’un recommençant, publiées ces jours-ci (2), témoignent du « retour au bercail » de celui qui se veut désormais « ouvrier de la Parole ». La poésie, dit-il, « est, avec la foi, la quintessence des activités supérieures de l’homme ».

François-Xavier Maigre

(1) De Stéphane Bataillon, Sylvestre Clancier et Bruno Doucey, Éd. Seghers, 480 p., 21 €.
(2) Éd. de l’Atlantique, 92 p., 19 €

mardi 17 novembre 2009

Travaux autour de la poésie

Ouvrages publiés
(Recueil de poèmes, éditions Bruno Doucey, 2012). Primé au Festival de Struga en 2012, l'ouvrage a été traduit et publié en Macédonien sous le titre во тупаницата на ветрот.


Poèmes publiés en anthologies
365 méditations sur les chemins de la Bretagne sacrée

(Presses de la Renaissance, 2009)

L'Athanor des Poètes, anthologie 1991-2011
(Le Nouvel athanor, 2011)
(Editions Bruno Doucey, 2012) 

Poèmes publiés en revues
Le capital des mots
n°17 (mai 2009) 
L'inédit nouveau n°232 (mai 2009) 
Comme en poésie n° 39 (septembre 2009) 
Revue Arpa n°97 (novembre 2009)
Comme en poésie n° 40 (décembre 2009) 
Esprits poétiques n°2 (décembre 2009)
Ici&Là n°12 (mars 2010)
Comme en poésie n°41 (mars 2010) 
Voix d'encre n° 43 (octobre 2010)
Le Nouveau Recueil (janvier 2011)
Esprits poétiques n°4 (mars 2011)
Comme en poésie n°46 (juin 2011) 
L'arbre à paroles n°153 (automne 2011)

Disques
Des crocodiles et des rêveurs
(Médiaphorie, 2004)La saison morte (autoproduction, 2005)La pêche à la lune (autoproduction, 2007)

Prix
1er prix du jury
décerné à l'issue du concours organisé par l'Université de Versailles-Saint-Quentin, pour le Printemps des poètes (2002)
Prix de poésie de l'Unesco (festival international de Struga, 2012) pour Dans la poigne du vent 
Prix PoésYvelines 2012 pour Dans la poigne du vent

Articles dans le cahier "Livres & idées" de La Croix
La poésie, l’ineffable en quête d’une parole
(La Croix du 21 février 2009) 
Interview de Gilles Baudry (La Croix du 21 février 2009 
Roland Nadaus, de la politique à la poésie (La Croix du 9 avril 2009)
Voyage au pays des poètes chrétiens (La Croix du 24 juin 2010)

Textes à paraître dans "Esprits poétiques"

15 Décembre 2009 : parution du n°2 de la revue littéraire "Esprits poétiques" - Le Capital des mots ( éditions Hélices)


une vingtaine d'auteurs qui ont été publiés sur le blog Le Capital des Mots : Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand, Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, Michel Cassir, France Burghelle Rey, Patrice Cazelles, Denis Emorine, Françoise Coulmin, Charles Dobzynski, Laurent Fels, Constantin Frosin, Jean Gédéon, Pierre Kobel, Patricia Laranco, François-Xavier Maigre, Colette Nys-Mazure, Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau


Introduction : Emmanuel Berland

Présentation : Eric Dubois


****

A cette occasion Récital de Poésie au Carré des Coignard à Nogent sur Marne le 15 décembre 2009 20h-21h

Pour plus d'infos :

http://helices.fr

lundi 16 novembre 2009

« Le seul poète du Père, c’est le Christ »

Gilles Baudry, poète, moine à l’abbaye bénédictine de Landévennec (Finistère) (1) : Pour cet écrivain bénédictin, l’acte poétique n’est qu’un balbutiement devant la grandeur de Dieu

(La Croix du 21/02/2009)


Poète et moine, est-ce bien compatible ?
Gilles Baudry : Assurément. S’il s’agissait de divertissement, d’esthétisme vide ou de fin en soi, patente serait l’incompatibilité. Mais si, loin d’être chimérique, la poésie est l’intuition de l’infini, un lieu de rencontre entre le visible et l’invisible, un humble chant, profond, de sève humaine, qui s’adresse à ce qu’il y a d’inaliénable en chacun… alors je ne me sens pas tiraillé entre deux postulations contradictoires. Je le vis plutôt comme une double fibre, un double et unique appel. Ni dualité ni amalgame, prière et poésie se répondent. Dans l’une comme dans l’autre, j’ai le sentiment de n’exister que dans l’invocation ou la reconnaissance, à l’image du Kyrie et du Magnificat en liturgie. Je ne suis pas un littérateur mais d’abord un lecteur, et, par surcroît, un auteur.

Comment l’écriture s’intègre- t-elle à la dimension d’écoute de la vie monastique ?
Dans le poème, la parole est une modalité du silence. La poésie est une voix accordée au silence, un chant-respiration de l’être né de l’écoute, de l’attention extrême. « Tout homme porte en lui un logos poétique », dit saint Basile. Je sais que toute œuvre d’art indique plus grand qu’elle, que je ne puis écrire que dans l’ombre et l’effacement comme artisan des mots, serviteur de la Parole. Le seul poète du Père, c’est le Christ.

Quel regard le créateur et contemplatif que vous êtes porte-t-il sur le « beau » ?
Pour l’essentiel, le regard d’un François Cheng qui ne le confond pas avec la joliesse. Il a la certitude que la vérité ne peut avoir lieu que dans la beauté inhérente à la bonté. La foi est aussi un chant. Que serait un savoir sans saveur ? Aurions-nous peur du délectable ? L’écueil serait dans l’esthétisme sans l’éthique. Comme le dit l’ami poète et traducteur Jean-Yves Masson, l’esthète est celui qui fait de chaque chose qu’il rencontre un embellissement de son âme, mais ne s’en nourrit pas. De même, la tentation pour le penseur chrétien serait d’arraisonner le mystère. La poésie, sertie de silence, pourrait être le discret et nécessaire contrepoint à la rationalité théologique.

La Bible n’est-elle pas un long poème ?
Des pans entiers de l’Écriture relèvent d’une forme poétique, lyrique. À commencer par les psaumes. Ainsi du Cantique des Cantiques, cet épithalame inséré au beau milieu de la Bible comme s’il constituait la pulsation du cœur de Dieu. Est-ce un hasard si le Cantique fut le plus commenté par les Pères et les mystiques, et que ces derniers se soient exprimés en vers ou en prose rythmée ? Quelle magnifique chambre d’échos, la Bible !

La poésie aide-t-elle à prier ?
Prière et poésie ne sont qu’élan et balbutiement devant la grandeur de Dieu. Entre elles, les parois sont parfois poreuses. Le poème est la prière du pauvre, une mendicité, alors même que le vrai mendiant, c’est Dieu lui-même : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » (Apocalypse). La poésie peut nous ouvrir une fenêtre sur l’infini et transformer le quotidien en éternel. Elle nous préserve ainsi de la routine. Rien de pire que des chrétiens érodés par l’habitude. Dès que l’on est « habité », on ne peut pas être « habitué ».

Le moine, comme le poète, est un veilleur. J’aime parler de la poésie comme d’un état d’annonciation, de réceptivité. Les mots n’appartiennent pas au poète. Ils sont reçus… Cela me fait penser à ce petit vitrail latéral de notre église, qui envoie, l’été, sa flaque de lumière devant le Saint Sacrement. Le visiteur, d’instinct, s’arrête et se recueille. De même, le poème n’est qu’un vitrail offert. Une petite épiphanie fragile, ténue, du réel. En tant que poète, je tente de faire une métaphore voilée de la Présence.

recueilli par François-Xavier Maigre

(1) Il est l’auteur notamment de Nulle autre lampe que la voix, Rougerie 2006.

dimanche 15 novembre 2009

Trois poèmes à paraître dans "Ici & Là"

Trois poèmes paraîtront dans le n°12 de la revue "Ici&Là" (mars 2010).
- Grandir
- Matinale
- Blanche
Cette superbe revue semestrielle est éditée par la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, dirigée par le poète Jacques Fournier.
Rens. : Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines
10 place Pierre Bérégovoy F.-78280 Guyancourt / jacques.fournier@agglo-sqy.fr

vendredi 16 octobre 2009

A Chartres, soirée poèmes et chansons

Le 30 octobre 2009, à 19h30, je serai au Centre oecuménique et artistique de Chartres pour dire quelques poèmes et chanter deux chansons, accompagné de Matthieu Guihot à la basse et Mehdi Messaoudi aux percutions. Cette soirée "libre comme l'art" sera accompagnée d'un buffet. Je suis très heureux d'y participer, car c'est l'occasion de mêler mes deux passions : musique et poésie, sans les confondre, mais sans les opposer.

D'autres poètes se succèderont : François Clairambault, Marina Poydenot, Norbert Rouselle et Ludo Salama.
Mon dernier album ("La pêche à la lune") sera disponible à prix cassé !
Au plaisir de vous y croiser !

Pour écouter quelques chansons : www.myspace.com/carbonnell

Adresse :
Centre oecuménique et artistique
Communauté du Chemin neuf
13 rue Jacques de Fourmestraux
28 000 Chartres
Réservation : aretic.ccn@wanadoo.fr / 02 37 20 00 40

Entrées : entre 8 et 12 €.

jeudi 15 octobre 2009

Un poème dans une anthologie


Un de mes poèmes ("voir la mer") vient d'être publié dans la superbe anthologie "365 méditations sur les chemins de la Bretagne sacrée" parue aux Presses de la Renaissance, et constituée par Luc Adrian. On y côtoie entre autres Gilles Baudry, Saint-Pol-Roux, François-Cassingena-Treverdy, Paul Verlaine, Georges Bernanos, Marcel Proust, Xavier Grall... et votre serviteur, comme échoué par hasard. Commandes possibles sur Fnac.com (mon poème est à la page du 16 août!)
- en vente en ligne sur www.fnac.com (et un peu partout!)

lundi 5 octobre 2009

Sortie de "Comme en poésie" n° 39 (septembre 2009)

Parution de deux poèmes dans cette superbe revue animée par le poète hossegorien Jean-Pierre Lesieur : "L'Eguille-sur-Seudre" et "A hauteur d'homme" (lisible sur ce même blog, rubrique "Au fil des jours").
- Blog de la revue : http://comme.en.poesie.over-blog.com

jeudi 27 août 2009

Trois parutions en revues

- Revue Comme en poésie n°39 (septembre 2009), revue trimestrielle de poésie éditée par le poète Jean-Pierre Lesieur. Cette publication, explique ce dernier, veut "donner des émotions poétiques dans un monde qui se détourne de plus en plus de la littérature et de l'émotionnel en général".

- Revue Arpa n°97, quatre poèmes ("à hauteur d'homme", "bleu nuit", "onde" et "commencement") à paraître cet automne. Cette revue de poésie a été fondée en 1976 à Clermont-Ferrand, par un groupe de poètes auvergnats et bourbonnais. Depuis 1991, Gérard Bocholier assume sa direction. C'est « une des rares revues de référence sur la poésie contemporaine française et étrangère » (Annuaire des métiers du livre en Auvergne), qui se veut très sélective et exigeante. « Elle fait rayonner le travail poétique dans ses deux composantes majeures: le chant et la méditation», dit encore le critique belge Lucien Noullez.(source : http://www.arpa-poesie.fr)

- Anthologie "Le capital des mots". Le poète Eric Dubois a sélectionné quelques uns de mes textes pour ce recueil regroupant 21 poètes contemporains, à paraitre d'ici peu chez Hélices éditions. Avec Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand,Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, France Burghelle Rey, Michel Cassir, Patrice Cazelles, Françoise Coulmin,Charles Dobzynski, Denis Emorine,Laurent Fels, Constantin Frosin,Jean Gédéon, Patricia Laranco,François-Xavier Maigre,Colette Nys-Mazure,Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau.

mardi 25 août 2009

L'inédit nouveau n°232 (mai 2009)

Mensuel littéraire belge des éditions du Gril (Groupe de réflexion et d'information littéraires)

voir la mer



ville emmêlée de cheveux vierges
te quitter pour un bout d’océan
te quitter ! j’y pense j’y repense
ne pense qu’à ça
te quitter
folie
provisoire
qu’éternise un regard

paris-août a mis les voiles
plat-paris comme grève
ah ! ma folie
folie aller folie retour
de la folie
j’en ai plein mes filets

laisser tout laisser
pour une poignée de douleurs
me voici phare-ouest
bretagne ! vendée ! charente !
qu’importe le flacon
me voici !

quitter
mais comment
tout m’amarre à toi
enfant de la dalle, fils des faubourgs
qui ne boit la tasse
qu’à l’heure
du thé

que dis-tu
les bords de mer n’existent pas
le citadin les invente pour
se consoler.

------

mérinos



la peau gémit dans son mérinos
se faufile en grelottant
des néons pleurnichent
leur pull-over vert-ampoule

voici janvier ô mon parnasse
où s’égosillent les frileux
geignement d’outre ciel
sur le plancher des lâches

chairs fraîches en pagaille
petits pas
souffles courts
bercer !
bercer l’homme
qui sommeille en soi
le bercer chaudement
il gèle à pierre-fendre
il souffle à glace-que-veux-tu
et la glaise
friable
sent

ville emmaillotée
de froides pensées
montparnasse la haute
file la laine bleuie
d’un sillage.

Le capital des mots n°17 (mai 2009)

Revue de poésie contemporaine animée par le poète Eric Dubois
extraits

onde

sonatine longue à léguer
au plus offrant au plus offert
pour en couler un or
plus pur que mer

fane l'heure liquide
au front d'un peuplier
je ne manque l'appel
de l'un de l'autre
quand glisse en moi
l'hymne mineur

à rebours en retrait
sous les calendes de l'aube
démêle l'onde
en sourdine.

------

ciel

blanc murmure et pèlerines
sillage rénové à la chaux
échappée dentellière
au nez des lucarnes
mes cavalières
ont vaincu pour de bon

écrire
aux temps premiers
l'hymne des mousselines
désensablées

raviver
l'harmonie du seuil
et les mourants d'air
revivre !

baldaquin en bandoulière
les yeux rivés haut
essaime l'hélium
d'hier.

------

grandir



les chemins qui mènent à toi sont nombreux
infime est la saison de l'homme
et je me promène

tu as soufflé sur moi
comme on souffle une flamme
doucement, doucement
un bouquet de feuilles
d'érable jaunies
se défait sur mon chemin
tapisse mes pas
pas de velours
pas comptés
à chacun son tour

des écoliers rient dans le parc
file la saison de l'enfance
elle est loin
c'est la rentrée des glaces
j'ai froid
et tout à apprendre.

------


commencement



au commencement

l'anthologie du monde
restait à écrire

l'orfèvrerie de la terre
attendait d'être ciselée

et moi
de te connaître.

------


matinale



foutoir merveilleux de coeurs battants
vous madame et vous monsieur
qu'avez-vous de si lourd
qu'il n'en faut point parler ?

sur le mauve défraîchi
d'un fauteuil universel
me voici parmi vous
vous, costumes aux couleurs de la nuit, vous
saltimbanques du fond de la ville
vous, chevelures parfumées
vous, solitudes clandestines
foules d'aujourd'hui, foules fascinantes

nous nous ressemblons tous un peu
mais nous n'en savons rien
tandis qu'un crépuscule en friche
se superpose à nos reflets
fuyants

foutoir merveilleux
dont nous ne savons
que faire.

------

blanche


cape de brume sur les provinces
et les croix de chemin
entendez-vous le train
blanchir au creux du soir ?

les transparences
laissent leurs fantômes crucifiés
mains tendues
bras ouverts
à la ouate qui file

un grésillement nomade
berce les pylônes
écume les coeurs
et la vague des tôles

tout blanchit
à l'aune des trains
qu'on s'oblige
à prendre.

------

te voici



pelote de tiédeur
ma toute petite
te voici soudain
dans la maladresse
de mes bras

l'ancien monde
écroulé
pour presque rien
écroulé !
pour toi seule

chère de ma chair
chair prodigieuse, enfin !
le sang nouveau se lève
sur nous ce matin

te voici

tiédeur nouvelle
au glas
de l'hiver.

------

voir la mer



ville emmêlée de cheveux vierges
te quitter pour un bout d'océan
te quitter ! j'y pense j'y repense
ne pense qu'à ça
te quitter
folie
provisoire
qu'éternise un regard

paris-août a mis les voiles
plat-paris comme grève
ah ! ma folie
folie aller folie retour
de la folie
j'en ai plein mes filets

laisser tout laisser
pour une poignée de douleurs
me voici phare-ouest
bretagne ! vendée ! charente !
qu'importe le flacon
me voici !

quitter
mais comment
tout m'amarre à toi
enfant de la dalle, fils des faubourgs
qui ne boit la tasse
qu'à l'heure
du thé

que dis-tu
les bords de mer n'existent pas
le citadin les invente pour
se consoler.

------

au hasard des stèles


voici venir le temps du marbre
et de l'immobilité
ce temps n'est pas le mien
patience, patience
me dit le vent
je sais, je sais
lui réponds-je

nous revoilà
tous les deux
avec nos caresses infidèles
et nos éternelles
querelles.

------

patience


sèves incandescentes à bras le jour
patience recomposée sous
l'oeil rutilant
de la saint-jean

empruntant l'âge clair
je vais je viens je veux
respirer goûter connaître !
nouveau nez de saison
embrasseur de ciel
humeur de cirrus

naphte docile et vigne vierge
sous la semelle
du flâneur
hier encore
passeur indigent
me voici
marchand de grâce

dealer d'éternité
reconquise.

------


mérinos



la peau gémit dans son mérinos
se faufile en grelottant
des néons pleurnichent
leur pull-over vert-ampoule

voici janvier ô mon parnasse
où s'égosillent les frileux
geignement d'outre ciel
sur le plancher des lâches

chairs fraîches en pagaille
petits pas
souffles courts
bercer !
bercer l'homme
qui sommeille en soi
le bercer chaudement
il gèle à pierre-fendre
il souffle à glace-que-veux-tu
et la glaise
friable
sent

ville emmaillotée
de froides pensées
montparnasse la haute
file la laine bleuie
d'un sillage.

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deux passagers



une rame
un wagon
deux passagers

c'est la première fois ? la première.
vous n'êtes pas de Paris ! pas vraiment.
qui vous l'a dit ? Vous m'avez souri.

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sablonceaux



pénombre à pas de loup
dans le silence des marais
regarde-les puiser
le dernier nectar
à la fleur de la vie

deux colibris
ont suspendu leur vol
parmi les tombes et les grilles
à flanc de pierre

bientôt le vent
les rappellera
et tournera la page
du grand livre des soirs.

jeudi 20 août 2009

Printemps des poètes 2002

1er prix du jury reçu en 2002, lors du Printemps des poètes, à l'Université de Versailles-Saint-Quentin. Reçu des mains du poète Roland Nadaus, devenu depuis mon aiguilleur en littérature.
http://www.uvsq.fr/news/flash/29/poesie2002.html