lundi 30 novembre 2009

"Comme en poésie" n° 40 (décembre 2009)

Quelques uns de mes textes seront publiés dans le prochain numéro de Comme en poésie, revue animée par le très actif et attachant Jean-Pierre Lesieur, revuiste, poète, artisan...

Avec Hervé Merlot, Esther Moïsa ou encore Jean L’Anselme...

vendredi 27 novembre 2009

Fou de Marie

de Pierre Tanguy, Éd. la Part commune, 78 p., 12 €

Dans le petit monde de la poésie contemporaine, Pierre Tanguy fait figure de franc-tireur. Déjà par sa fibre spirituelle, assumée et cultivée. Ensuite par la pureté de son écriture, limpide, lumineuse, dépourvue de maniérisme. S’inspirant d’une légende bretonne du XIVè siècle, il redonne vie, dans son dernier recueil, à Salaün ar flo (Salomon le fou), « idiot du village » sillonnant la campagne en acclamant la Vierge. Après sa mort, raconte-t-on, survinrent des merveilles… Au-delà d’une fable chère à son enfance, l’auteur livre une vibrante méditation sur l’altérité et l’acceptation du plus faible. Le tout avec une façon très franciscaine de déceler Dieu dans le dépouillement et la beauté de la nature.
F-X.M.

mardi 24 novembre 2009

Comme un silence dans un souffle

de Patrick Lannes. Éditions Zurfluh, 432 p., 30 €

(La Croix du 12 novembre 2009)

Un recueil de poèmes ? Une symphonie de mots, plutôt. Ample et généreuse, jamais obscure. Car Patrick Lannes, 54 ans, a voulu livrer ici la synthèse de sa passion croisée pour la poésie et la musique. L’auteur en appelle aux compositeurs qui l’inspirent – Franz Schubert, Robert Schumann… – mais aussi aux poètes dont il revendique la filiation – Gilles Baudry, Claude Vigée, Hélène Cadou… Si l’ouvrage peut effrayer par son imposante consistance, l’harmonieuse souplesse du phrasé, la beauté et la simplicité des images suffisent à gagner le lecteur, même le plus hermétique à la poésie contemporaine ! « Ce sont mes lèvres/Flûte aérée de notes :/De cascade en cascade/Délicate/Elles chantent/Pour votre lecture », écrit-il. À lire, de toute évidence. Mais surtout, à écouter…
F-X.M.

lundi 23 novembre 2009

Le chant du feu

d’Éric de Rus. Préface d’André Gouzes, Éd. Atlantica, 36 p., 12 €

(La Croix du 12 novembre 2009)

L’auteur publie son premier recueil de poésies. Et il fait bien ! Car les vers que voici résonnent d’une parole venue de plus loin qu’eux : « Un chant secret traverse toutes choses », écrit-il. Et ailleurs : « Jésus,/Quelle étroite alliance/Que celle du souffle partagé ! » Sans doute ce professeur, agrégé de philosophie et fin connaisseur de la pensée d’Edith Stein, a-t-il glané dans ses multiples lectures de quoi se forger un univers littéraire dense et lumineux. Mais cela ne suffit pas à expliquer l’intensité spirituelle, la singulière incandescence de ce Chant du feu. Son secret ? Le sens de l’écoute et le goût du silence, à l’évidence. Ses poèmes, en forme de méditations, font mouche à chaque page. De bien belle manière, Éric de Rus, qui conçoit la poésie comme le « bruissement de la forge souterraine », signe son entrée dans le paysage poétique français. À lire, sans hésiter !
F-X.M.

mercredi 18 novembre 2009

Roland Nadaus, de la politique à la poésie

À 63 ans, cet ancien conseiller général des Yvelines vient de recevoir un prix pour l’ensemble de son œuvre poétique

(La Croix du 9 avril 2009)

«Un débutant, un inconnu. » C’est ainsi que Roland Nadaus se présente, avec une once de malice. Mais sans amertume. Pendant quarante ans, cet écrivain a souvent vu son œuvre desservie par un parcours politique sans doute trop encombrant aux yeux des élites littéraires. Inconfort qui, parfois, l’incita à se fendre d’un pseudonyme. Mais depuis qu’il s’est retiré de la vie publique et n’est « plus membre d’aucun parti », le vent tourne. Le 24 mars 2009, il recevait le grand prix de l’Académie des sciences morales, lettres et arts de Versailles et d’Île-de-France pour « l’ensemble de son œuvre ». Quelques mois plus tôt, l’anthologie Poésies de langue française (1) lui dédiait plusieurs pages.

En quatre décennies, l’homme a publié une soixantaine d’ouvrages, dans des registres très diversifiés – poésie, pamphlets, contes, romans –, portés par une incandescence et un souffle rarement pris en défaut. Chez Nadaus, les mots claquent, surgissent là où on ne les attend pas, se jouent de la polysémie, les images fusent, la ponctuation s’affranchit de ses carcans… Une écriture généreuse et exigeante, teintée d’humour, et, parfois, de provocation, qui reflète avec justesse l’affabilité et la bonhomie du personnage.

De sa double vie passée, il évoque l’une et l’autre avec égale ferveur. « Sans la poésie, je n’aurais pas pu supporter la politique, elle aussi nécessaire », confesse-t-il, de sa voix légèrement rauque. Maire socialiste de Guyancourt de 1983 à 2002, conseiller général des Yvelines de 1995 à 2008, il contribua à l’essor de la ville nouvelle de Saint-Quentin. Sous ses mandats naquirent une université, une maison de la poésie et des quartiers entiers… D’innombrables poètes – parfois même vivants ! – ont vu leurs noms envahir le fronton des bâtiments publics, des places et des rues. Car le maire a fait sienne la devise d’Aimé Césaire : « Bâtir un poème et bâtir une ville/C’est un peu la même chose. »

À l’écouter, poésie et action n’ont rien d’incompatible. Art de vivre à part entière, la première est même la source de la seconde : « J’ai toujours voulu donner des mains à mes mots et vice versa », assure l’ancien élu. Libéré de ses fonctions, il se consacre à sa famille – marié, une fille et un petit-fils –, à son verger normand et à son œuvre de papier. Avec une acuité nouvelle : voici trois ans, le poète renouait avec une foi longtemps ensommeillée (lire son témoignage dans La Croix du 24 janvier). Ses Prières d’un recommençant, publiées ces jours-ci (2), témoignent du « retour au bercail » de celui qui se veut désormais « ouvrier de la Parole ». La poésie, dit-il, « est, avec la foi, la quintessence des activités supérieures de l’homme ».

François-Xavier Maigre

(1) De Stéphane Bataillon, Sylvestre Clancier et Bruno Doucey, Éd. Seghers, 480 p., 21 €.
(2) Éd. de l’Atlantique, 92 p., 19 €

mardi 17 novembre 2009

Travaux autour de la poésie

Ouvrages publiés
(Recueil de poèmes, éditions Bruno Doucey, 2012). Primé au Festival de Struga en 2012, l'ouvrage a été traduit et publié en Macédonien sous le titre во тупаницата на ветрот.


Poèmes publiés en anthologies
365 méditations sur les chemins de la Bretagne sacrée

(Presses de la Renaissance, 2009)

L'Athanor des Poètes, anthologie 1991-2011
(Le Nouvel athanor, 2011)
(Editions Bruno Doucey, 2012) 

Poèmes publiés en revues
Le capital des mots
n°17 (mai 2009) 
L'inédit nouveau n°232 (mai 2009) 
Comme en poésie n° 39 (septembre 2009) 
Revue Arpa n°97 (novembre 2009)
Comme en poésie n° 40 (décembre 2009) 
Esprits poétiques n°2 (décembre 2009)
Ici&Là n°12 (mars 2010)
Comme en poésie n°41 (mars 2010) 
Voix d'encre n° 43 (octobre 2010)
Le Nouveau Recueil (janvier 2011)
Esprits poétiques n°4 (mars 2011)
Comme en poésie n°46 (juin 2011) 
L'arbre à paroles n°153 (automne 2011)

Disques
Des crocodiles et des rêveurs
(Médiaphorie, 2004)La saison morte (autoproduction, 2005)La pêche à la lune (autoproduction, 2007)

Prix
1er prix du jury
décerné à l'issue du concours organisé par l'Université de Versailles-Saint-Quentin, pour le Printemps des poètes (2002)
Prix de poésie de l'Unesco (festival international de Struga, 2012) pour Dans la poigne du vent 
Prix PoésYvelines 2012 pour Dans la poigne du vent

Articles dans le cahier "Livres & idées" de La Croix
La poésie, l’ineffable en quête d’une parole
(La Croix du 21 février 2009) 
Interview de Gilles Baudry (La Croix du 21 février 2009 
Roland Nadaus, de la politique à la poésie (La Croix du 9 avril 2009)
Voyage au pays des poètes chrétiens (La Croix du 24 juin 2010)

Textes à paraître dans "Esprits poétiques"

15 Décembre 2009 : parution du n°2 de la revue littéraire "Esprits poétiques" - Le Capital des mots ( éditions Hélices)


une vingtaine d'auteurs qui ont été publiés sur le blog Le Capital des Mots : Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand, Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, Michel Cassir, France Burghelle Rey, Patrice Cazelles, Denis Emorine, Françoise Coulmin, Charles Dobzynski, Laurent Fels, Constantin Frosin, Jean Gédéon, Pierre Kobel, Patricia Laranco, François-Xavier Maigre, Colette Nys-Mazure, Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau


Introduction : Emmanuel Berland

Présentation : Eric Dubois


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A cette occasion Récital de Poésie au Carré des Coignard à Nogent sur Marne le 15 décembre 2009 20h-21h

Pour plus d'infos :

http://helices.fr

lundi 16 novembre 2009

« Le seul poète du Père, c’est le Christ »

Gilles Baudry, poète, moine à l’abbaye bénédictine de Landévennec (Finistère) (1) : Pour cet écrivain bénédictin, l’acte poétique n’est qu’un balbutiement devant la grandeur de Dieu

(La Croix du 21/02/2009)


Poète et moine, est-ce bien compatible ?
Gilles Baudry : Assurément. S’il s’agissait de divertissement, d’esthétisme vide ou de fin en soi, patente serait l’incompatibilité. Mais si, loin d’être chimérique, la poésie est l’intuition de l’infini, un lieu de rencontre entre le visible et l’invisible, un humble chant, profond, de sève humaine, qui s’adresse à ce qu’il y a d’inaliénable en chacun… alors je ne me sens pas tiraillé entre deux postulations contradictoires. Je le vis plutôt comme une double fibre, un double et unique appel. Ni dualité ni amalgame, prière et poésie se répondent. Dans l’une comme dans l’autre, j’ai le sentiment de n’exister que dans l’invocation ou la reconnaissance, à l’image du Kyrie et du Magnificat en liturgie. Je ne suis pas un littérateur mais d’abord un lecteur, et, par surcroît, un auteur.

Comment l’écriture s’intègre- t-elle à la dimension d’écoute de la vie monastique ?
Dans le poème, la parole est une modalité du silence. La poésie est une voix accordée au silence, un chant-respiration de l’être né de l’écoute, de l’attention extrême. « Tout homme porte en lui un logos poétique », dit saint Basile. Je sais que toute œuvre d’art indique plus grand qu’elle, que je ne puis écrire que dans l’ombre et l’effacement comme artisan des mots, serviteur de la Parole. Le seul poète du Père, c’est le Christ.

Quel regard le créateur et contemplatif que vous êtes porte-t-il sur le « beau » ?
Pour l’essentiel, le regard d’un François Cheng qui ne le confond pas avec la joliesse. Il a la certitude que la vérité ne peut avoir lieu que dans la beauté inhérente à la bonté. La foi est aussi un chant. Que serait un savoir sans saveur ? Aurions-nous peur du délectable ? L’écueil serait dans l’esthétisme sans l’éthique. Comme le dit l’ami poète et traducteur Jean-Yves Masson, l’esthète est celui qui fait de chaque chose qu’il rencontre un embellissement de son âme, mais ne s’en nourrit pas. De même, la tentation pour le penseur chrétien serait d’arraisonner le mystère. La poésie, sertie de silence, pourrait être le discret et nécessaire contrepoint à la rationalité théologique.

La Bible n’est-elle pas un long poème ?
Des pans entiers de l’Écriture relèvent d’une forme poétique, lyrique. À commencer par les psaumes. Ainsi du Cantique des Cantiques, cet épithalame inséré au beau milieu de la Bible comme s’il constituait la pulsation du cœur de Dieu. Est-ce un hasard si le Cantique fut le plus commenté par les Pères et les mystiques, et que ces derniers se soient exprimés en vers ou en prose rythmée ? Quelle magnifique chambre d’échos, la Bible !

La poésie aide-t-elle à prier ?
Prière et poésie ne sont qu’élan et balbutiement devant la grandeur de Dieu. Entre elles, les parois sont parfois poreuses. Le poème est la prière du pauvre, une mendicité, alors même que le vrai mendiant, c’est Dieu lui-même : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » (Apocalypse). La poésie peut nous ouvrir une fenêtre sur l’infini et transformer le quotidien en éternel. Elle nous préserve ainsi de la routine. Rien de pire que des chrétiens érodés par l’habitude. Dès que l’on est « habité », on ne peut pas être « habitué ».

Le moine, comme le poète, est un veilleur. J’aime parler de la poésie comme d’un état d’annonciation, de réceptivité. Les mots n’appartiennent pas au poète. Ils sont reçus… Cela me fait penser à ce petit vitrail latéral de notre église, qui envoie, l’été, sa flaque de lumière devant le Saint Sacrement. Le visiteur, d’instinct, s’arrête et se recueille. De même, le poème n’est qu’un vitrail offert. Une petite épiphanie fragile, ténue, du réel. En tant que poète, je tente de faire une métaphore voilée de la Présence.

recueilli par François-Xavier Maigre

(1) Il est l’auteur notamment de Nulle autre lampe que la voix, Rougerie 2006.

dimanche 15 novembre 2009

Trois poèmes à paraître dans "Ici & Là"

Trois poèmes paraîtront dans le n°12 de la revue "Ici&Là" (mars 2010).
- Grandir
- Matinale
- Blanche
Cette superbe revue semestrielle est éditée par la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, dirigée par le poète Jacques Fournier.
Rens. : Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines
10 place Pierre Bérégovoy F.-78280 Guyancourt / jacques.fournier@agglo-sqy.fr