jeudi 17 décembre 2009

Les riverains du feu

anthologie rassemblée par Christophe Dauphin
Le nouvel Athanor, 516 p., 24 €

(La Croix du 17 décembre 2009)

Dès la préface, l’éditeur et poète Jean-Luc Maxence prévient : «Enfin, nous sortons franchement des sentiers trop connus. Nous explorons sans crainte des œuvres brisées par la maladie, la solitude ou la mort. Nous rencontrons et saluons des signatures inhabituelles ». Loin des cercles de poètes adoubés par une poignée de grands éditeurs et d’institutions prestigieuses, Christophe Dauphin a voulu ici rendre hommage aux poètes, illustres ou inconnus, qui creusent, sous de multiples formes, le sillon de l’ «émotivisme ». Sensiblerie ? L’auteur préfère parler d’une « trouée dans la langue, aventure multipliée d’un langage aux grands pouvoirs, capricant et fraternel ». Cette somme est aussi un hommage aux dizaines de revues et petites maisons qui abritent, dans l’ombre, l’essentiel de la création poétique actuelle. Rien que pour elles, il fallait le faire.
F-X.M.

mardi 15 décembre 2009

"Esprits poétiques" n° 2


L'association Hélices Poésie se donnera en spectacle
mardi 15 décembre à 19h45
à la Scène Watteau, théâtre de Nogent
1 Place du Théâtre
94130 Nogent Sur Marne
01 43 24 76 76
pour une soirée de lectures et de musique
à l'occasion de la parution du deuxième numéro
de la revue "Esprits poétiques : Le Capital des mots"
(dans laquelle figure mon poème "Bleu nuit", aux côtés de Fabienne Alliot, Max Alhau, Camille Aubaude, Isabelle Bats, Claudine Bertrand, Anne-Lise Blanchard, Alain Boyer, Michel Cassir, France Burghelle Rey, Patrice Cazelles, Denis Emorine, Françoise Coulmin, Charles Dobzynski, Laurent Fels, Constantin Frosin, Jean Gédéon, Pierre Kobel, Patricia Laranco, Colette Nys-Mazure, Stella Vinitchi Radulescu, Thomas Vinau)

lundi 14 décembre 2009

Revue "Arpa" n° 97



5 poèmes parus dans la dernière livraison de cette superbe revue, dirigée par Gérard Bocholier, poète de haute stature, habité et généreux. Un de ses derniers ouvrages : "Jour au-delà", Rougerie, 2006. Merci à lui, et à son comité de lecture, pour leur soutien !

mercredi 9 décembre 2009

Le cri du coeur d'un poète...

Un texte reçu du poète Jean-Pierre Lesieur, responsable de la revue "Comme en poésie".


LETTRE A UN JEUNE POÈTE QUI NE SAURA JAMAIS QUE JE LUI AI ÉCRIT


J’aime écrire à des gens qui ne me liront jamais. C’est un plaisir que je suce lentement comme un glaçon à la menthe.
Je lui dirai, à ce jeune poète, du haut de la connerie de ma vieillesse qu’il a beaucoup de chance d’être jeune, beau et poète. Qu’il a beaucoup de chance de ne pas avoir connu une muse de contrebande qui le plaquera pour le premier motard venu.
Je lui dirai qu’il y a un âge où il faut se résigner à faire d’autres choses bizarres qui ne soient pas de la poésie et surtout pas des vers alors qu’il est d’extrême importance de gagner sa vie pour fonder une famille bien chrétienne pleine de petits enfants bien chrétiens qui prieront tous les soirs pour le repos de leur bien chrétien papa de poète mort-né.
Je lui dirai qu’il a intérêt à lire tous ces confrères avant de faire ses classes en évitant ceux des écoles qui ne lui feront faire que des classes sans poésie.
Qu’il ne faut aussi compter sur personne et que la pluie et le beau temps des poètes n’a plus aucun sens et qu’il doit éviter de tirer sur les ambulances surtout si elles vont dans tous les sens.
Je lui dirai des vers qu’il n’a jamais entendu écrit par le plus grand poète de notre temps : ANTHOLOGIE.
Je lui dirai de ne pas écouter ces vieux cons qui en savent toujours plus que les autres parce qu’ils ont tout oublié... ce qui est un gros mensonge.

Je lui dirai qu’il n’y a pas de grande différence entre un poète de maintenant et un poète du passé quand il écrit au présent du supputatif.
Je lui dirai de ne pas prendre pour argent comptant les flatteries et autres compliments, ni pour la fête des pères, ni pour la fête des poètes car il y aura assez de gens pour lui faire sa fête tous les jours.
Je lui dirai de ne pas désespérer Billancourt qui a vachement changé depuis le temps où il y travaillait à la chaîne.
Je lui dirai qu’il faut bien dix mille verges pour battre sa coulpe sans risquer de se tromper.
Je lui dirai qu’il faut savoir mourir avant d’écrire quoi que ce soit pour qui que ce soit et que savoir écrire s’apprend au fil de la plume de la vie.