mercredi 17 février 2010

Un nouveau visage des écrivains croyants

("La Croix" du 8 décembre 2009)

Christophe Henning, écrivain.

Ce journaliste, auteur de nombreux ouvrages, a repris en octobre la présidence de l'Association des écrivains croyants d'expression française.

Il le dit lui-même avec humour : « Être un écrivain croyant n'est ni un handicap ni un privilège ! » Christophe Henning, 48 ans, assume sereinement cette source discrète qui irrigue chacun de ses travaux. « Dieu se révèle à l'homme dans des histoires sans cesse à écrire et à raconter », résume ce père de famille, journaliste pendant vingt ans à La Voix du Nord avant de rejoindre il y a trois ans le mensuel de spiritualité Panorama (édité par Bayard), qui considère que l'on « n'écrit pas d'abord pour soi, mais pour la rencontre ». Un goût de l'échange que cet auteur prolifique (1) entend cultiver au sein de l'Association des écrivains croyants d'expression française (AECF), dont il vient de reprendre la présidence.

Fondée à la fin des années 1970, l'AECF a été marquée par de grandes figures comme le théologien orthodoxe Olivier Clément, l'islamologue tunisien Mohamed Talbi ou encore l'auteur franco-israélien André Chouraqui. L'association, précise Christophe Henning, se veut en effet « espace de dialogue » entre écrivains appartenant aux traditions monothéistes. À travers des conférences, colloques et rencontres, de la fiction à la poésie en passant par la biographie, elle ambitionne ainsi de mieux faire connaître des auteurs qui, chacun à leur manière, creusent un sillon spirituel, explicite ou non.

Aujourd'hui, la famille des écrivains croyants peut sembler moins influente. Sans doute la plupart sont-ils loin de « l'écriture flamboyante des Bernanos, Claudel, Péguy ou Mauriac », avance Christophe Henning, qui juge l'expression contemporaine « plus intimiste, charriant tout ce qui fait le monde d'aujourd'hui, dont une part de désillusion ».

Peu connue, l'AECF décerne chaque année un prix. Son nouveau président aimerait la faire connaître davantage, en recrutant de nouvelles plumes, bien sûr, mais aussi en lançant un blog et, pourquoi pas, en proposant des résidences d'écrivains pour soutenir la création. « Nous ne voulons étiqueter personne, mais, comme le dit le poète Henry Bauchau, "aller vers la beauté à travers l'écriture et l'art en vue d'ouvrir une porte intérieure par où Dieu pourrait entrer" », conclut-il.

François-Xavier Maigre

(1) Dernier ouvrage paru : Ils n'ont pas choisi les trottoirs de Manille, avec Dominique Lemay (Presses de la Renaissance, 196 p., 17 €).

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