lundi 15 mars 2010

Je suis allé au soufre natif

de Francis Coffinet, Zurfluh / « Les Cahiers bleus », 66 p., 8 €

(recension parue dans La Croix du 11 mars 2010)

Ses mots sont rares mais résonnent de façon magistrale. Francis Coffinet, 54 ans, poète, plasticien et acteur de cinéma, délivre dans son dernier recueil une grande leçon d’écriture. Sans métrique ni rimes, son phrasé démontre, par sa seule musicalité, qu’un poème en vers libres requiert une science tout aussi exigeante que celle des formes fixes de naguère. « Ce livre est une remontée vers la puissance native du sens », explique l’auteur, qui conçoit la poésie comme une « respiration essentielle du cœur et de la pensée ». Bien que parfois opaques, on pressent, dans ces textes courts, le « soufre natif » d’une parole venue de loin, charnelle et intime.
Truffée d’images éblouissantes (« L’énigme tourne deux fois plus lentement/que la terre autour du soleil »), son œuvre est celle d’un orfèvre : « Je parle à rebours/j’enroule la prière autour de son axe./Féerie dans le sens/je travaille la substance même du désir. »

François-Xavier Maigre

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