jeudi 1 avril 2010

Le veilleur amoureux

précédé de Eucharis, de Philippe Delaveau
Gallimard, 350 p., 9,30 €

(Recension parue dans La Croix du 1er avril 2010)

Ces deux recueils, publiés en 1989 et 1992, sont enfin réédités dans la prestigieuse collection «Poésie/Gallimard », au format poche. Cette heureuse initiative devrait permettre aux plus jeunes de découvrir une grande voix de la poésie contemporaine, qui a su imposer son élégance sereine, parfois contre les vents dominants. Comme le remarque Michel Jarrety en préface, l’écriture de Philippe Delaveau tranche en effet « sur une époque de poésie française qui avait été surtout soucieuse d’expérimentation, d’un travail où les mots composaient trop souvent une grammaire du poème refermé sur lui-même et son déchiffrement ». À l’inverse, Delaveau n’a cessé d’être ce « veilleur amoureux », attentif au sens des mots, ce puisatier capable de faire jaillir la sève d’une parole quasi sacrée : « J’accomplis un rituel qui n’a pas d’égal,/Je m’enfonce dans la nuit des temps./Je suis la tour à l’avant de la nuit,/Les mains sur le rebord de pierre. »

François-Xavier Maigre

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