lundi 17 mai 2010

Ed Harcourt, l'âme des brumes anglaises

Retenez bien ce nom. Celui d'un grand songwriter à découvrir... Son nouveau disque ("Lustre" le bien-nommé, tout d'élégance et de contrastes) ne sera disponible qu'au mois de juin. Mais on peut l'écouter en avant-première grâce à la magie du web ! Musicien surdoué (piano, guitare, basse, banjo...), Edward Harcourt est surtout un chanteur aux capacités immenses, dont les râles gorgés de houblon évoquent parfois le meilleur de Tom Waits, tutoyant ailleurs les sommets de pureté d'un Jeff Buckley ou d'un Elliott Smith. Ajoutez à cela un phrasé pianistique immédiatement reconnaissable, un brun rétro, façon Rufus Wainwright, et le décor est planté. Sauf qu'Ed Harcourt fait du Ed Harcourt. D'album en album, son oeuvre ne ressemble à aucune autre. Tant mieux ! Les anglophiles apprécieront aussi la poésie singulière d'un auteur lettré, volontiers fantasque, qui reste hélas trop méconnu - barrière de la langue ? - de ce côté de la Manche. S'il poursuit son exploration, et si son exigence finit par rencontrer un écho populaire, Ed Harcourt pourrait bien être à la pop music ce que Jim Jarmush ou Tim Burton sont au cinéma grand public. Pas assez tubesque, sans doute, pour les radios... Mais quel plaisir, pour le mélomane, de plonger dans cette ambiance crépusculaire, peuplée de fantômes et de croque-mitaines, de monstres et d'humeurs saisonnières, de tendresse aussi.
Ce disque est un bijou, donc.

François-Xavier Maigre









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