samedi 28 août 2010

Les râleurs de l'arrière-pays

Et commençons la rentrée par un agacement matinal : chaque matin de cette fin d'été, j'ai pris l'habitude de m'extraire discrètement de la demeure familiale, perchée dans un petit village médiéval du sud de la France. Histoire de ne pas réveiller femme et fille, et de profiter un peu des heures les plus fraîches, quand les touristes n'ont pas encore jugé utile d'envahir la pierre blanche des ruelles biscornues, les canaux et les fontaines de ce petit coin de paradis... Rituel oblige, cette escapade se conclut toujours par un café dans le petit hôtel du village, dans l'ombre monumentale d'un platane plus que centenaire... Là, je dégaine l'indispensable ordinateur portable (on est geek ou on ne l'est pas), afin d'avancer, paisiblement, l'écriture de mon recueil, jetant de temps à autre une oreille aux ragots de comptoir. Le cadre est parfait. Sauf que ce matin, un couple de vacanciers grincheux a tout gâché. Descendus en trombe de la chambre où ils venaient de passer une nuit agitée, ils ont à moitié brusqué la pauvre hôtelière qui n'y pouvait pas grand chose : "On a jamais aussi mal dormi", lui dit la touriste mécontente, visiblement peu au fait de la vie à la campagne. "Il fait très chaud, ici. Et en plus, ya pas la clim. Alors on a ouvert les fenêtres, mais le son des cloches nous a empêché de dormir, c'est vraiment un cauchemar chez vous". Les cloches en question sont celles d'une très ancienne abbaye, où vivent encore des religieuses. Le poumon spirituel du village. Mais cela, nos touristes bruyants de l'hôtel s'en fichent pas mal. Ils voulaient sans doute s'offir une parenthèse avant la rentrée, sur fond de carte postale, mais sans le son. Dans ce cas, autant rester chez soi. Pour la petite musique de l'arrière-pays et pour ceux qui aiment s'en imprégner sans râleurs.
F-X.M.

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