jeudi 18 novembre 2010

Perplexe

Une quatrième de couverture élogieuse. Presque trop. L'éditeur en question - l'un des plus importants de France, plus habitué aux best-sellers et aux prix littéraires qu'aux tirages confidentiels - cherche visiblement à "faire monter" celui (ou celle) qu'il croit être "le" nouveau fleuron poétique. Chaud devant. Que l'une des plus influentes maisons parisiennes mise encore, en 2010, sur la poésie est une aubaine. Ouvrons vite. Las ! Quelle déception ressentie à la lecture de ce triste fatras de poèmes sans syntaxe, dépourvus d'images convaincantes, de rythme ou de musicalité, jets hasardeux de paroles brouillonnes et désarticulées, pompeusement scandées sur des pages aux trois quarts vierges, genre "slam inversé". Au bout d'une vingtaine de pages, je me demande même si l'éditeur ne se fout pas de nous... Les tenants d'une poésie avant-gardiste et élitiste pourront m'objecter que je n'y comprends rien, que ce type d'écriture requiert une initiation littéraire que je n'ai sans doute pas. Soit. Je me demande toutefois qui aura le courage de lire jusqu'au bout ce volume indigeste et distant. Je m'interroge aussi sur l'intérêt, pour de tels éditeurs, avec tout leur savoir faire et leur force de frappe, de promouvoir ce type d'écriture, franchement inaccessible. Où est la logique ? Il ne faudra pas se lamenter, encore et toujours, du divorce largement consommé entre la poésie contemporaine et le grand public. Ce genre de promotion ne fait que saper le travail minutieux des centaines de revues et petites maisons qui abritent, sous de modestes voilures, certaines des voix les plus pénétrantes du moment.

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