mardi 27 juillet 2010

Poèmes sauvés de la noyade

Depuis plusieurs jours, je les cherchais fébrilement : 45 pages de poèmes dactylographiés, soigneusement coupés, réécrits, ordonnés... Bref, l'ébauche d'un premier essai poétique, en devenir certes, mais auquel j'avais déjà consacré de longues heures. Et dont l'unique sauvegarde tenait sur une clé USB devenue introuvable. J'ai mis mon bureau à sac, puis la voiture familiale. Dévasté le moindre tiroir à la maison. Rien. Le salut est venu du bac à linge propre : la précieuse carte à puce a résisté à la fureur du tambour, aux assauts des flots domestiques. Ouf. Et surtout merci à Dane-elec de concevoir du matériel aussi résistant. Je vais pouvoir me remettre au travail. En plus les vacances approchent !

jeudi 22 juillet 2010

"Les cahiers du sens" en ligne

Je vous en avais déjà parlé. Le dernier numéro des Cahiers du sens est disponible en ligne, sur le site Decitre. Vous y trouverez de très nombreux textes, dont ceux de votre serviteur ! Bonne lecture. Et à très vite ! F-X.M.



Présentation de l'éditeur :

Dans ce vingtième numéro des Cahiers du Sens, le jeune poète Jean Guiony ose écrire " un poète mort qui est encore évoqué est un poète sauvé, sanctifié par la postérité.
Plus de doutes, et plus besoin de preuves a son sujet" et il déplore un peu plus avant dans son article intitulé le syndrome de l'albatros : "En revanche, le poète vivant, le poète présent, qui produit en ce moment, est un poète sans crédit, un homme dont est mise en cause, du moins mis en doute, la valeur de son travail". Presque tous les auteurs proposés ici sont vivants à l'heure où paraissent ces Cahiers.
Tous, ou presque, essayent, avec effronterie et talent, de répondre à la question : "l'inaccessible étoile, la poésie ?". Pourraient-ils tous signer le manifeste pour un vibrato majeur de Juliette Darle ? Acceptent-ils tous de considérer la poésie "comme extase" (Christophe Dauphin) ou d'épouser le point de vue d'Evelyne Morin affirmant " la poésie est ce Dadichten - dire là - Pour paraphraser le Dasein - être là - d'Heidegger".
Une chose est sûre : la richesse du sommaire de ce numéro 20 nous interdit de citer tous les auteurs qui se pressent à "notre" portillon de mots et de révoltes, au risque parfois de se faire de l'ombre et de la lumière les uns les autres ! Pour une fois, au discours de présentation, nous préférerons donc la mise en appétit de lecture par l'énumération, en quelque sorte. Guy Allix, Didier Ayres, Jean-Marie Berthier, Nathalie Picard, Brigitte Broc, Michel Cazenave, Gérard Engelbach, Dominique Dumont, Gwen Garnier-Duguy, Jean-Pierre Boulic, certes, mais aussi le retour d'Etienne Crosnier, les confirmations de Bruno Thomas, Etienne Orsini, Dany Moreil, Bernard Jakobiak ou Gérard Pfister, le premier poème publié d'Olivier Germain-Thomas, et les apparitions dans nos colonnes de Jean-Yvees Reuzeau, Josette Ségura, Alain Callès, Dominique Sutter, François-Xavier Maigre, Armen Tapinian, quelques autres encore...
Mais nous n'aimons guère les palmarès, chacun le sait. Nous avons horreur des certitudes poétiques affichées comme les décorations au salon des vanités humaines. Nous ne sommes ni juges ni partis. Nous vagabondons d'instinct hors des tribunaux universitaires et cela nous permet de respirer encore ! Vingt ans déjà que cela dure...

mercredi 21 juillet 2010

La poésie des chiffres

Ils laissent songeur, les chiffres publiés par Le magazine littéraire dans son numéro de juillet-août... Dans le cadre d'un dossier consacré à l'état de l'édition poétique, la publication dévoile les 10 meilleures ventes chez "Poésie/Gallimard", collection de recueils au format poche bien connue des amateurs. Certains de ces ouvrages ont dépassé 175 000 exemplaires vendus ! On apprend, dans le même article, que le tirage moyen d'un recueil de poèmes en France oscille entre 800 et 2000 unités... Décidément, l'édition de poésie est un secteur hétérogène ! Du côté de la marque au liseré rouge, sans surprise, les meilleurs ventes se situent du côté des valeurs sûres : Apollinaire et ses "Alcools" (soit 1 135 000 exemplaires depuis 1966 !). Puis les incontournables fleurs maladives de Baudelaire, qui aurait eu bien besoin de ce pactole de son vivant. Viennent ensuite Paul Eluard ("Capitale de la douleur"), Arthur Rimbaud ("Poésies") et Francis Ponge ("Le parti pris des choses"). Les programmes scolaires et universitaires expliquent sans doute pour une part ces scores florissants... Mais cela n'est pas suffisant.

Tous ces auteurs disparus symbolisent aussi, dans l'inconscient du public, la crème d'un âge d'or révolu, la fine fleur d'une poésie noble, partagée par le plus grand nombre (l'était-elle vraiment?). Avec ses chiffres astronomiques, le palmarès affiché par Gallimard est l'arbre qui cache la forêt. Celle des innombrables revues littéraires, qui publient chaque mois des textes inédits. Celle des éditeurs passionnés qui oeuvrent dans l'ombre à faire connaître les auteurs d'aujourd'hui. Personnellement, je reste un fidèle des titres de la collection "Poésie/Gallimard", qui ont le mérite d'être peu onéreux et très bien conçus... Grâce à ce catalogue, j'ai découvert de très nombreux poètes du XXe siècle et goûté des textes auxquels je n'aurais jamais eu accès par ailleurs. D'autant que l'éditeur parisien a le courage d'éditer certaines fines plumes du moment, et non des moindres ! Le fossé entre la "grande" et la "petite" édition pose néanmoins quelques questions : comment expliquer le divorce entre le public et le marché de la poésie contemporaine ? Et, finalement, la poésie a-t-elle vocation à être lue massivement, comme le souhaiteraient - et on les comprend - les poètes ? Pas sûr...

François-Xavier Maigre

lundi 12 juillet 2010

Un peu de poésie au coeur de l'été

C'est à La Croix qu'on doit cette heureuse initiative, peu commune pour un grand quotidien national. Et je ne dis pas cela par corporatisme ! Pendant tout l'été, le journal a confié sa der à Colette Nys-Mazure. Dès aujourd'hui, la poétesse belge ouvre généreusement son anthologie de poètes francophones, avec chaque jour un extrait de texte accompagné d'un décryptage. La poésie, écrit-elle dans ce premier volet, "est tout sauf un luxe".
"Substantielle, elle aide à vivre et celui qui l’écrit et ceux qui la lisent (...) Nous avons besoin de poèmes comme de l’air que nous respirons. Une longue fréquentation de la poésie de tous bords m’a convaincue que la vision poétique, loin de nous éloigner du réel, du présent, communique au quotidien – ses visages et ses paysages, ses émotions et ses actes – une qualité particulière, une lumière et une chaleur, un émerveillement ponctuel ou continu, comparable à l’effet du feu sur le bois sec." Parfait pour l'été. Et même après...

F-X.M.

samedi 10 juillet 2010

Les bons mots d'Eric Dubois

Ce très beau texte (lire ci-dessous) provient du blog d'Eric Dubois, poète prolifique et militant, notamment sur le Web où il anime - de façon parfois offensive, il faut bien le dire ! - la revue Le capital des mots, qui reprend du service après une longue interruption. A force de clamer sa soif de reconnaissance à tous les vents de la Toile, le poète suscite parmi ses pairs empathie ou agacement, affection ou hostilité, c'est selon. Moi, je l'aime bien, Eric. Je vous en avais d'ailleurs déjà parlé sur ce blog. Restons-en à l'écriture, puisque c'est de poésie qu'il s'agit : l'homme a développé un phrasé moderne et nerveux, souvent incantatoire, parfois elliptique, mais truffé d'évidences que l'on avait pas vues soi-même, d'images instantanément savoureuses, tout en restant lisible, par n'importe qui. Voilà un poète qui n'a pas oublié qu'il écrivait pour être lu. Au risque, parfois, de tomber dans une certaine facilité. Ce texte aux accents spirituels remplit néanmoins parfaitement sa mission. Une fois encore, Eric Dubois vise juste, en disant simplement des choses pas simples à dire.

F-X.M.

Voici le poème dont il est question (source) :


Le sentiment d'appartenir
à plus grand que soi

Est-ce Dieu
ou autre chose?


Nous sommes tous Dieu
en puissance

Nous sommes comme lui
nus

Nous lui ressemblons
il est des nôtres

Il est dans le geste
le regard

La peur et la joie

L'amour

Il s'endort avec nous
il a la même odeur que nous


Il est dans le corps
dans l'esprit

Extase et orgasme

Il est dans nos pas
dans nos errements

Il est dans ce poème
il m'écrit

C'est lui qui guide ma main
qui trouve les mots

Il me parle

Le mot est Dieu

Le mot est univers

Dieu est l'alphabet du silence

Eric Dubois,
Juillet 2010

mercredi 7 juillet 2010

Un concert de Tomislav en ligne

L'ami Tomislav vient de poster sur son myspace un extrait de concert, aperçu efficace de ce qu'il est capable de produire sur scène. A voir. Notamment "James Dean", la première chanson, qui a tout d'un tube potentiel... et à faire circuler, surtout !

vendredi 2 juillet 2010

Bientôt dans la revue Voix d'encre

Cinq de mes poèmes figureront au sommaire de la prochaine livraison de Voix d'encre, au début de l'automne prochain - Merci encore à leur comité de lecture ! Recueil après recueil, comme au fil de sa revue qui paraît deux fois l’an, cette maison d'édition s'est attachée depuis vingt ans à publier "aussi bien les inédits de quelques grands aînés d’hier que ceux des alliés substantiels du temps présent", apprend-on sur leur site Web. "Parce qu’il faut sans trêve agrandir davantage ce domaine où nous voulons respirer, tout parcourir du monde comme des possibles, toutes les dimensions du jour comme les innombrables ailleurs. Il faut encore ne pas mourir au moins avant d’avoir allumé pour jamais un brasier de mots tellement clair et brûlant qu’il semble les choses mêmes, comme le voulait Alain Borne", lit-on encore. N'hésitez pas à jeter un oeil à l'impressionnant catalogue de cet éditeur aussi discret que prolifique.

Dernier nunéro paru :