dimanche 31 octobre 2010

André Breton, les sources fécondes du hasard

Une petite lecture d'André Breton, retrouvée par hasard sur YouTube. Il y a quelque chose d'intense et de grisant dans cette expérience poétique. A explorer de nouveau, à la lumière des dernières évolutions littéraires. Peut-être pour trouver un point d'équilibre entre l'exigence de sens et le jaillissement spontané de la Parole. En tout cas, cela vaut tous les slams indigestes et niais qu'on entend çà et là.

mercredi 27 octobre 2010

Intervention sur Radio Notre-Dame

L'émission La Voix est Libre, diffusée demain (jeudi) sur Radio Notre-Dame entre 9h et 10h, sera consacrée aux liens entre poésie et spiritualité. J'y interviendrai en compagnie de Marina Poydenot, religieuse et poète, ainsi que Roland Nadaus, qui se joindra à nos échanges par téléphone, avec d'autres auteurs dont je n'ai pas encore le nom. Programme animé par Faustine Fayette. A partir de 9h.
Fréquence : 100.7

jeudi 14 octobre 2010

Bande-son d'un automne idéal

Avigdor Zahner-Isenberg n'a même pas 20 ans. Et pourtant, ce frêle Américain parvient à ressusciter en un tour de chant la Californie rêvée des Byrds ou des Beach Boys. Avi Buffalo, une bande-son parfaite pour conjurer l'automne, la crise et la réforme des retraites.

mardi 12 octobre 2010

Jean-Marie Barnaud obtient le prix Apollinaire

Le poète Jean-Marie Barnaud a reçu, lundi 11 octobre 2010, le prix Appolinaire pour Fragments d’un corps incertain (Cheyne éditeur, 80 p.,15 €). Né en 1937 à Saintes, l'auteur vit à Mougins et collabore à de nombreuses revues. Je ne l'ai pas encore lu. Mais cela paraît tentant. Certains y ont-ils déjà glissé un oeil ? Dites-moi.



Extrait :

Ici
dit la raison
C’est peut-être encore la mer
la vie puissante
sa tendre indifférence.

Passer est le lot le plus
simple
Passer
et cependant rendre les
armes
à la splendeur

lundi 11 octobre 2010

Une bonne raison de croire en l'avenir du papier

Une touche de légèreté. Il en faut ! Cette petite démonstration est valable aussi pour l'édition. Pas sûr que les lecteurs de poésie, ou de romans, soient tous enclins à débourser 500 € pour un objet certes séduisant et bourré d'ingéniosité, mais aussi terriblement impersonnel, désincarné. Il suffit d'avoir goûté le bonheur de lire un recueil de poésie façonné dans la plus pure tradition typographique (au hasard chez Cheyne, Jacques Brémond, Rougerie...) pour douter de la supposée explosion des tablettes numériques. En tout cas, il restera toujours d'irréductibles nostalgiques, attachés à lire "en trois dimensions". Un contenu, oui. Mais aussi un toucher granuleux où le plomb a laissé son empreinte, une épaisseur de page, un parfum, même, qui change selon la nature du papier... bref, une densité. A tous niveaux.

jeudi 7 octobre 2010

La voix discrète et lumineuse des poètes chrétiens

Article paru dans le cahier "Livres et idées" de La Croix du 7 octobre 2010.

La poésie d’inspiration chrétienne connaît actuellement un nouvel essor, portée par des auteurs audacieux et méconnus

Une bouffée d’air pur ! Dans un marché de l’édition de plus en plus standardisé, la voix discrète et lumineuse de ces poètes chrétiens détonne. Bien sûr, ils ne vendront pas des milliers de livres – la plupart de ces tirages sont modestes, quelques centaines d’exemplaires tout au plus. On ne les verra pas sur les plateaux de télévision. Pas, ou peu, dans la presse écrite. Au mieux dans une poignée de revues littéraires spécialisées. Il n’empêche. Cette cuvée mérite d’être lue, méditée, partagée. Déjà, parce qu’elle signe le grand retour d’une parole poétique au service du sens, limpide et signifiante, alors que les expérimentations récentes avaient fini par assécher le langage, au risque de le rendre abscons… et de dérouter les lecteurs. Ensuite, parce qu’elle révèle des plumes injustement confidentielles, auxquelles on s’attache instantanément.

Ni bavardage ni esthétisme vain chez ces auteurs. Mais une sensibilité partagée sous des formes diverses, un même mystère qui se laisse approcher par petites touches, comme autant de métaphores voilées d’une présence jamais nommée. « Le poème est le pas/dont la parole rêve/quand le geste est perdu », énonce ainsi Bernard Jakobiak (La Tendresse intacte, Éd. Le Nouvel Athanor, 92 p., 15 €), poète et prêtre orthodoxe, qui entend se poster, par l’écriture, comme un veilleur attentif à l’invisible : « J’entends l’inattendu,/j’écoute, je regarde », dit-il simplement. Dans un petit recueil très réussi, l’auteur s’efforce de restituer une expérience spirituelle indissociable d’une disponibilité totale au réel : « Brise,/délivre-moi/de la blessure incompréhensible,/et maintiens-moi/où l’esprit baigne en la joie/dès qu’il émerge. » Par un raccourci habile, le poète a cette parole saisissante : « La louange a le goût/du soleil sans déclin ».

Proche, dans sa facture délicate et ramassée, Patiente variation, de Jean-Pierre Boulic (Éd. La Part commune, 116 p., 13 €), envoûte elle aussi par son évidence, sa fraîcheur revigorante : « L’éternité s’en allait et venait/Dans la voix miraculeuse du soir/Et ses nuées d’hortensias », souffle l’auteur dès les premiers vers, habité par cette terre bretonne qui imprègne chacun de ses textes. Économe de ses mots, ce poète des sentiers parvient à saisir, au fil du vagabondage, « La note juste/D’un imprévu/Dans l’espérance d’exister/En plénitude ». Ces deux ouvrages, facilement lisibles, séduiront même les lecteurs peu coutumiers du genre.

Beaucoup plus copieuse en revanche – plus de 300 pages ! –, la somme publiée par Dominique Daguet (De l’obscur à l’aurore, Zurfluh éditeur, 372 p., 30 €) donne l’occasion de redécouvrir la flamme d’un poète singulier, surtout connu pour son travail d’éditeur – il a fondé en 1975 les Cahiers bleus, revue littéraire de référence. Couvrant une vaste période (1954-2009), cette rétrospective rend justice au lyrisme généreux d’une voix qui n’est pas sans évoquer celle du psalmiste : « Que mon âme enfin sorte de son rêve noir,/oublie son bavardage si cher quoique si vain/pour n’être plus qu’écoute,/attention,/telle la feuille prête à recevoir,/dans l’intime recueillement du silence,/l’empreinte vive d’un visage/par qui elle-même redeviendra vivante. »

De ces quatre recueils, celui de Jean-Pierre Denis (Dans l’éblouissant oubli, Éd. Ad Solem, 96 p., 19 €) requiert sans doute la lecture la plus attentive, tant la démarche y est exigeante, radicale. De fait, personne n’attendait le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie dans ce registre ! Il faut pourtant reconnaître que l’éditorialiste se révèle étonnant poète. Sa poésie s’attache à explorer les confins de l’indicible, à mettre des mots sur l’insaisissable. Il y a comme un parfum de genèse dans ces textes superbement tournés : « Je cherche un lieu qui nous précède/Une empreinte en avant de nos pas/Comme si longtemps avant qu’elle ne fût pierre/La pierre avait habité la vie. » Loin de toute joliesse, la poésie est, pour Jean-Pierre Denis, une impulsion vitale, un acte de foi dans le langage. « C’est un feu qui se prépare/Dans l’oubli de l’ombre/Dans la chair du vivant. »

François-Xavier Maigre

mercredi 6 octobre 2010

Six poèmes dans la revue Voix d'encre

Une petite pub, promis elle sera courte ! La revue Voix d'encre, dans son 43e numéro, vient de publier six de mes poèmes. Certains avaient déjà été livrés en pâture sur ce blog. Cette superbe publication, qui abrite aussi une maison d'édition, paraît deux fois l'an. Elle a été fondée par Alain Blanc en 1990 à Montélimar et doit son nom aux poètes René Char et Edmond Jabès. Parmi les poètes publiés depuis 20 ans figurent notamment Adonis, Charles Juliet, Michel Butor, ou encore Béatrice Douvre. Certains sont mes auteurs de chevet ! Merci, donc, au poète Jean-Pierre Chambon pour sa confiance, pour l'attention et la délicatesse manifestées lors de notre correspondance en vue de cette collaboration. Merci aussi au comité de lecture de Voix d'encre. N'hésitez pas à visiter leur site, et à vous procurer cette belle revue via internet, ici par exemple. Au sommaire également : Pierre Dhainaut, Gabriel Cousin, Sandro Penna, Marc Le Gros, J.-M. Undriener, L. Breysse-Chanet, Dimitrios Kraniotis, Keltoum Staali, Yvan Exposito et Franck Castagné. J'espère n'avoir écorché aucun nom !

dimanche 3 octobre 2010

Manifeste pour un lyrisme des sources

L'ami Stéphane Bataillon propose de signer sur son blog un petit manifeste, qui reflète bien, me semble-t-il, une certaine famille poétique actuelle, soucieuse de renouer avec la pulsion originelle de la poésie, avec le grand Mystère. Sous des formes diverses. Et avec simplicité. Avec cette voix ténue, sobre, qui tranche avec notre époque. Un "lyrisme des sources", nous dit Stéphane : "Un lyrisme pour dire tous nos « je », aujourd’hui, au plus juste. Qui ne refuserait aucune des expériences ni aucune des routes, sensibles ou spirituelles, mais qui privilégierait une certaine clarté. Pour former doucement une image nouvelle, lisible. Celle d’un monde qui se dirait tout bas, avec ces mots de tous les jours. Un murmure souterrain accumulant la force, vers une joie possible". Je signe.