mardi 28 décembre 2010

Tomislav taille sa route

Il a souvent été question de Tomislav sur ce blog en 2010 ! Bon, ok, c'est un ami. Il n'empêche, le garçon est bougrement doué. Il faut l'entendre sur scène. Un disque est en préparation. Et son Myspace est actualisé régulièrement, signe d'une fougue intacte, malgré des dizaines de concerts en France, et jusqu'en Afrique. N'hésitez pas à écouter ces folk songs picaresques et colorées dont Tomislav a le secret. C'est finement écrit, interprété avec générosité, plein de souffle : on voyage, à peu de frais.



Enfin, cadeau de fin d'année, une vidéo de l'artiste !


samedi 25 décembre 2010

Trois raisons pour lesquelles j'ai aimé ce Noël 2010

Pour mes enfants, bien sûr. Bonheur de les voir grandir. Cet émerveillement simple qui ranime peu à peu le vôtre. Cette joie qui n'a pas encore de mots - ou peu - mais qui capte l'essentiel. Noël avec les siens, comme une entorse au cynisme ambiant. Antidote à l'usure. Une nouvelle naissance peut-être...

Ensuite, pour cette fine pellicule blanche qui a recouvert la France. Noël sous la neige ? Oui. Et il m'aura fallu attendre d'avoir 28 ans pour le voir ! A 7 ou 8 ans, j'en rêvais. Décidément, l'enfance est fidèle.

Enfin, pour la pagaille dans les transports. Il ne s'agit pas de se réjouir des galères des autres ! Evidemment, non. Mais l'abolition des distances, le tourisme éclair aux antipodes... c'est tout un monde qui vacille aux premiers flocons. Comment ne pas y voir une invitation pressante à réinvestir la proximité, à changer nos habitudes avant de changer de fuseau horaire ? Sur ce créneau, la poésie a de l'avenir.

Bref, un Noël réussi.

J'espère qu'il en fut de même pour vous.



mercredi 22 décembre 2010

Etendue



Âpre comme un départ
qui ne dit pas son nom

L'étendue, soudain
me laisse un grand vide.

Que savais-je des trains
avant de te connaître ?


lundi 20 décembre 2010

Portuaire



C'était un coin du port
où nous aimions plonger
aux plus chaudes marées

J'imagine aujourd'hui
que d'autres enfants
l'éclaboussent de rires.



vendredi 10 décembre 2010

Quand la poésie sonde les voix de l’enfance

Article paru dans le cahier "Livres & Idées" de La Croix du 9 décembre 2010

Deux poètes publient simultanément deux superbes chroniques d’enfance, l’une racontée à travers le regard du fils, l’autre à travers celui du père

Journal d’un enfant sage de Jean-Michel Maulpoix, Mercure de France, 138 p., 14 €.

Petit carnet de paternité de Pierre Tanguy, La part commune, 94 p., 13 €

Voici deux ouvrages que liront à bon escient les jeunes parents et tous ceux qui rêvent de retrouver les charmes de l’enfance. Que les adultes trop sérieux passent d’emblée leur chemin : le poète et essayiste Jean-Michel Maulpoix a choisi de s’effacer derrière la parole de Louis, son fils âgé… de 3 ans ! « N’ayant pas atteint l’âge de la majorité, je confie à mon père (…) le soin de signer ce volume. Je sais qu’il ne manquera pas de corriger quelques étourderies et qu’il saura se garder de trop mêler sa voix à la mienne. » L’idée peut certes prêter à sourire. Mais il faut jouer le jeu. Car l’auteur, optant pour une écriture simple et inventive, parvient à donner à sa posture une crédibilité étonnante. « Je saute à pieds joints dans les flaques. N’y voyez pas de malice, c’est mon bonheur ! J’aurai trois ans en juillet : je marche sur le ciel. »

Au fil des pages de ce journal imaginaire se recompose un monde merveilleux, peuplé de jouets sonores, de héros et de géants, d’humeurs saisonnières, de saynètes perçues à hauteur de gosse : « Parfois, j’envie les fleurs qui sont au jardin. Il me semble que si j’étais l’une d’elles je n’aurais besoin pour me nourrir que d’un peu d’eau et de soleil », confesse Louis, en rêvassant à la fenêtre. Son regard enfantin semble pénétrer la véritable nature des êtres et des choses : « Un arbre, c’est de la terre qui s’élève, se ramifie et s’épanouit vers le bleu. C’est une conversation de feuillages et de fruits entre le soleil et la mort », lance-t-il, dans un raccourci puissant. C’est sans doute cette acuité au réel qui fait la force de ce livre, qui n’est léger qu’en apparence. Le poète n’est-il pas celui qui a su garder la fraîcheur de son jeune âge, capable d’embrasser le monde avec un étonnement toujours neuf ?

Avec son Petit carnet de paternité, Pierre Tanguy s’inscrit dans la même veine, à ceci près qu’ici c’est la voix du père qui se laisse entendre. Alors que le premier déroule une prose savoureuse, le phrasé du second se déploie sous une forme ramassée proche du haïku japonais. Père de deux filles – aujourd’hui adultes –, le poète breton a choisi d’attendre l’âge mûr pour revisiter ses notes prises sur le vif, il y a vingt-cinq ans de cela. Des émois consignés dans les couloirs de la maternité aux instants fugitifs des premières années, l’auteur ne cesse de s’émerveiller en observant ses filles : « Quand la vie/plus tard/viendra les secouer,/auront-elles le souvenir/de ces cris proférés dans la mousse ?/Pourront-elles à nouveau/entendre la voix fraternelle des vagues/venant à leur rencontre/par un après-midi d’avril ? » Au-delà de leurs expériences de la paternité, Maulpoix et Tanguy livrent, chacun à leur façon, une somptueuse chronique de l’enfance et de ses féeries.

François-Xavier Maigre