mercredi 27 avril 2011

Jeff Buckley, la grâce bientôt au cinéma

Après bien des rumeurs, l'information se précise : le site officiel de Jeff Buckley a annoncé il y a quelques jours le tournage prochain d'un biopic sur la vie du chanteur disparu en 1997.

Le réalisateur américain Jake Scott - fils de Ridley - , 36 ans, vient en effet d'être choisi pour s'emparer du scénario écrit par Ryan Jaffe, lui-même inspiré du livre Dream Brother, portrait croisé de Jeff Buckley et de son père Tim Buckley, tous deux tombés dans la fleur de l'âge, avec des similitudes troublantes. Ce scénario a trouvé grâce aux yeux de Mary Guibert, mère du défunt songwriter et productrice du film. "Rien ne pouvait me faire plus plaisir que de voir Jake accepter notre invitation à porter la vie de Jeff sur grand écran, a-t-elle déclaré. Sa vision de l'histoire de Jeff est inspirée, novatrice et perspicace."

"Le script de Ryan Jaffe m'a relié à l'une des âmes les plus pures de la musique. C'est un voyage dans le cœur d'un jeune artiste en quête de la vérité absolue dans le travail, l'amour, la dévotion et le désir, s'enthousiasme Jake Scott. Je crois que ce film peut séduire toute une nouvelle génération de passionnés, bien au-delà du cercle des fans de Jeff Buckley." Les castings sont en cours. Patience.

Loin d'être un débutant, Jake Scott s'était fait remarqué en 2009 pour le film "Welcome to the Rileys", avec Kristen Stewart, James Gandolfini et Melissa Leo. L'univers du rock ne lui est pas non plus étranger, puisqu'il a notamment réalisé des clips de REM, Soungarden ou U2.

Il ne reste plus qu'à patienter, et à réécouter encore et toujours "Grace", chef d'œuvre unique d'une étoile filante qui n'a pas fini de briller, l'un des artistes rock majeurs des années 1990. Ici, un passage d'anthologie à Nulle part ailleurs, sur Canal +, en 1995 :

mardi 12 avril 2011

Routes normandes, avril 2011

Le pays tout entier
célèbrera nos traces

Nos nuques impatientes
au soleil de midi

Battements de cils
en miettes de ciel

Et nos pas sans mémoire
frappés sur l'asphalte.






(photo : © Pauline Maigre)

lundi 11 avril 2011

Le vieil homme



Le vieil homme parlait peu

A l'aube, on l'entendait prier
derrière l'embrasure d'une porte
dans une langue inconnue

Puis il avalait son café
passant sa main calleuse
sur nos cheveux
avant de disparaître dans l'allée.

Ce n'est que bien plus tard
au parfum des braises
répandu par le poêle

Qu'on le voyait rentrer
le geste lourd
et les pas chargés de nuit.


Permier recueil publié cet automne

Voilà, c'est officiel ! Les éditions Bruno Doucey ont annoncé vendredi soir pendant l'apéro poétique qui précédait la magnifique pièce jouée par Céline Liger "La Séparation des Songes" au théâtre Le Vent se lève, que mon premier recueil serait publié à l'automne dans la collection Jeunes Plumes. Le livre est en chantier, sa composition à affiner, le titre à revoir... mais on avance. Merci à toute l'équipe des éditions Bruno Doucey et à la compagnie Jeunes Plumes de m'accompagner dans cette aventure !

Ici sur scène en compagnie de la comédienne Gersende Michel :



Enfin, un petit souvenir de la soirée mémorable du 12 mars autour du poète Roland Nadaus (en photo), qui fut pour moi un éveilleur et un maître attentionné. Merci à lui et à toute l'équipe de la Maison de la poésie de Saint-Quentin de m'avoir associé à cette lecture !



De gauche à droite : Roland Nadaus, Francis Chenot et Michel Héroult (merci à Christian Lauté pour ses belles photos)

vendredi 8 avril 2011

Apéro poétique à Paris

Ce soir, apéro poétique autour de la compagnie Jeunes Plumes, et de leur nouvelle création, La Séparation des songes, le vendredi 8 avril 2011 à 19 h en présence de Stéphane Bataillon et révélation du nom du jeune poète dont les éditions Bruno Doucey publieront le premier recueil cet automne. Son nom ? Devinez ! ;)
Le Vent se lève, 181 avenue Jean Jaurès 75019 (M° Ourcq) (8 / 10 €)
Résa : 01 77 35 94 36

jeudi 7 avril 2011

Bruno Doucey analyse "le retour du poétique"

L'éditeur et poète Bruno Doucey, qui dirige la maison d'édition du même nom, livre une analyse très fine du retour du poétique dans l'espace public. Après plusieurs décennies d'expérimentations parfois déroutantes, "le vent tourne du bon côté, observe-t-il. On a mis la poésie à la porte, mais elle revient aujourd'hui par toutes les fenêtres". Reste à savoir comment "rejoindre un lectorat qui se cherche encore". Des convictions fortes, une démarche audacieuse, qui font des éditions Bruno Doucey l'un des avant-postes les plus intéressants de la poésie actuelle.


Comment éditer de la poésie ? par enviedecrire

lundi 4 avril 2011

Mille ans de poésie française à la portée de tous

Article paru dans le cahier Livres & idées de La Croix du jeudi 31 mars 2011

La poésie française pour les nuls, de Jean-Joseph Juland, First Éditions 584 p., 22,90 €

Sans prétention aucune, cette énième chronologie poétique surprend par la qualité des pages consacrées à l’écriture contemporaine



Cet épais volume devrait rapidement trouver son public : enfin une encyclopédie qui restitue, sans maniérisme, les riches heures de la poésie française, et qui donne envie d’en lire ! Déclinant le concept bien rodé de la collection « pour les nuls », Jean-Joseph Julaud embrasse un millénaire d’écriture poétique, des chansons de geste médiévales aux évolutions les plus récentes.

Et il faut reconnaître que ce vulgarisateur à succès – L’Histoire de France pour les nuls, c’est lui – se révèle un pédagogue hors pair, visiblement plus enclin à faire goûter la saveur des mots qu’à séduire une cour de spécialistes : « Le poème, les mots, écrit-il, sont des cadeaux du ciel. » D’où une approche sensible et ludique qui a le mérite de dérider le genre. Ce qui n’empêche pas les notes techniques qui émaillent l’ouvrage d’être de bonne tenue. Le novice sera très vite à même de distinguer lyrisme et épique, ballade et sonnet, décasyllabe et alexandrin…

Mais la grande force de cette fresque tient sans doute à la place généreuse accordée aux poètes des XXe et XXIe siècles, qui demeurent souvent mal connus du grand public. De très belles figures du début du siècle dernier sont ainsi mises en valeur : Henri de Régnier, Francis Jammes ou encore Saint-Pol-Roux, génie hélas presque oublié. Preuve que, derrière une apparente légèreté, Jean-Joseph Julaud a creusé son sujet. Péguy et Claudel, évidemment, sont aussi de la partie.

Plus près de nous, l’auteur se penche sur les voix apparues sur les cendres du surréalisme, « dans le temps retrouvé d’une écriture où, dit-il, les acquis de la modernité s’intègrent de façon naturelle aux écritures neuves » : Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Jacques Réda, Andrée Chedid… Peut-être moins médiatiques, ces innombrables plumes singulières, inclassables, qui contribuent à la profusion poétique du XXe siècle, ne sont pas oubliées : « Cadou l’infiniment doux, Guillevic et ses petits objets taillés en mots »…

Certes, concède-t-il, on peut se demander si les poètes ne sont pas en voie de disparition, tant ils semblent aujourd’hui marginalisés, peu lus… Loin d’accréditer cette hypothèse, l’ouvrage témoigne de l’extrême fécondité d’une génération d’écrivains, bien dans leur époque, qui « exercent un vrai métier » et fréquentent le « béton ordinaire » en guise de tour d’ivoire (Marie-Claire Bancquart, Jean-Claude Pirotte, Patrice Delbourg, Ariane Dreyfus…)

Certains s’agaceront peut-être de voir un chapitre entier consacré au slam, sans doute plus proche de la chanson que de la poésie. Reste que ce voyage à travers les âges de l’écriture réserve bien des surprises. En accordant une place de choix à la francophonie, l’auteur fait le pari d’un art vivant et ouvert au grand large, de la Tunisie au Québec, en passant par le Cameroun et Haïti. Plus que tout, il ne se contente pas d’honorer les grands noms d’hier et d’aujourd’hui, et s’attache à valoriser les voix de demain – le benjamin, Matthias Vincenot, n’a que 30 ans ! Le tout en proposant un large choix d’extraits, de références… Au final, cet ouvrage sans prétention offre une excellente approche d’une poésie qui ne cesse de se réinventer.

François-Xavier Maigre