mardi 17 mai 2011

Pause



Absent au mois de juin, je ne pourrai animer ce blog avant plusieurs semaines.

Pour les plus curieux, les raisons de ce silence sont expliquées ici !

A bientôt,

@ fxavier


lundi 9 mai 2011

Le souffle poétique de Mahmoud Darwich


(Photo : http://www.mahmouddarwish.com)

Magnifique choix de textes que celui publié par Actes Sud pour honorer la mémoire de Mahmoud Darwich (1941-2008), poète palestinien célébré bien au-delà de sa terre natale. Portée par un souffle rare, son œuvre témoigne d'une quête de paix et de sens qui transcende les clivages politiques.

Ecrits entre 1977 et 1992, les poèmes publiés dans cette petite anthologie sont extraits de cinq recueils de Mahmoud Darwich. S'ajoutant aux textes de la même période déjà disponibles en français, ils permettent de mieux connaître une étape charnière de son itinéraire poétique entre Beyrouth, Tunis et Paris.

A lire : Nous choisirons Sophocle, traduit de l'arabe par Elias Sanbar, Actes Sud, 98 p., 18 €

En extrait, un passage qui m'a particulièrement séduit :

Si cet automne est le dernier,
demandons pardon
pour le sac et le ressac de la mer,
pour les souvenirs...
pour ce que nous avons fait
de nos frères avant l'âge du bronze.
Nous avons blessé tant de créatures
avec des armes faites des os de nos frères,
pour devenir leurs descendants près des sources.
Demandons pardon
à la harde de la gazelle
pour ce que nous lui avons
fait subir près des sources,
quand un filet de pourpre serpenta sur l'eau.
Nous ne savions pas que c'était notre sang
qui consignait notre histoire
dans les coquelicots de ce bel endroit.


dimanche 8 mai 2011

La revue Arpa publie son centième numéro




Surprise, ce jour-là, en décachetant l'enveloppe craft qui contient la dernière livraison d'Arpa. La célèbre revue de poésie a pris des couleurs et arbore une couverture rouge vif, qui tranche avec sa robe ocre habituelle. "Un cent d'encre", annonce-t-on joliment. La revue fête en effet son centième numéro ! C'est en 1976 qu'Arpa fut créée par Pierre Delisle, avant que Gérard Bocholier n'en assure la relève il y a vingt ans.

Membre du comité de rédaction, Jean-Pierre Farines résume ainsi la vocation de cette revue poétique de haute tenue : "Partager la poésie avec des poètes qui écrivent ou n'écrivent pas mais ont compris le caractère indispensable, comme la circulation du sang, de cet échange de cela qui a à voir avec la grâce, avec l'âme de l'humanité, avec l'humanité tout court, avec l'indicible en tout cas".

Pour l'occasion, Arpa a fait appel aux grandes signatures que la revue a contribué à faire connaître. Chacun de ces auteurs défend à sa manière une écriture simple et sensible, poreuse au mystère, mais résolument tournée vers le lecteur. "Tout se révèle don, tout / se transmue en offrande / Lorsqu'enfin les âmes se font chant" écrit par exemple François Cheng.

La revue contient par ailleurs un précieux texte de Guillevic (dont le premier tirage avait été confidentiel). Cette suite somptueuse mérite en soi l'achat de ce numéro "collector" : "Monter les degrés / De l'échelle absente, / Cela en vaut la peine (...) "Toucher, c'est déjà / S'ouvrir un passage / Vers d'autres ouvertures / A trouver."

Plus loin, Pierre Oster livre une puissante évocation sur l'origine de la création : "La terre est un savoir ! D'où les eaux, d'où les rochers jaillissent"... Jean-Pierre Lemaire, Gilles Baudry, Pierre Maubé ou Jean-Pierre Jossua sont évidemment eux aussi à l'honneur. Il serait trop long de tous les citer ici.

Avec plus de 200 pages d'inédits à lire, et à relire, ce numéro exceptionnel prouve, s'il en était besoin, que les revues spécialisées et les petites maisons sont bel et bien l'avant-poste de la création poétique actuelle.

Renseignements : site internet d'Arpa

mardi 3 mai 2011

Ron Sexsmith envoûte la Maroquinerie



Ron Sexsmith en concert le 2 mai 2011 à la Maroquinerie , à Paris
(photo : François-Xavier Maigre)


Les quelques chanceux qui ont pu assister au fabuleux concert parisien de Ron Sexsmith, lundi 2 mai à la Maroquinerie, ne sont pas près d'oublier cet instant rare. Petite salle pour un grand bonhomme. Dans l'assistance, le public est l'image de l'artiste de 47 ans : sobre, recueilli, entre deux âges.

On ne se bouscule pas dans ce genre de soirées. On déguste une bière fraîche, sans excès. Poliment, on se fraye un passage jusqu'à la scène. Ambiance londonienne. Il y a ce bobo grisonnant, qui a ressorti les Converse de ses années d'étudiant à la Sorbonne. Et cet autre, en chemise blanche, qu'on imagine il y a quelques heures encore dans un bureau austère, et qui frétille à présent, un grand sourire sur le visage, au son d'une musique qui lui rappelle sans doute le parfum de ses vingt ans. Il y a des filles, bien sûr.

Ecouter Ron Sexsmith, c'est s'accorder un voyage dans un univers folk et pop sans âge. Des chansons courtes, simples en apparence, toujours arrangées avec goût, où la voix limpide dessine des mélodies instantanément familières. Il faut reconnaître que depuis qu'il a remisé sa moto, l'ancien coursier de Toronto a fait un sacré bout de chemin. Onze albums ont suffi à imposer cette personnalité discrète dans le monde du rock. Peu diffusé sur les radios, étrangement confidentiel, le chanteur canadien au visage de poupon introverti sait qu'il peut compter sur un vivier de fans tenaces.

Que dire d'autre ? Qu'il dégage sur scène une classe folle, tout d'élégance et de retenue. Que le groupe qui l'accompagne est un brillant assemblage de personnalités loufoques. Que même Sir Paul McCartney a salué en lui l'un des plus fins mélodistes de sa génération. Qu'il faut écouter ces superbes compositions, de préférence un soir d'automne ou d'hiver. Sa musique est de celles qui réchauffe l'esprit et qui porte, jusque dans ses accents les plus mélancoliques, la marque d'un talent d'exception.

Extrait du concert d'hier (Merci à l'internaute qui a tourné cette petite séquence à la dérobée)