mercredi 31 août 2011

Coatrieux, stèle pour six écrivains bretons

Je viens de recevoir cette excellente note de lecture du poète Pierre Tanguy, qui m'a autorisé à la reproduire. Ce que je m'empresse de faire, tant l'ouvrage de Jean-Louis Coatrieux me semble important pour les amateurs de poésie bretonne, et plus largement pour ceux qui désirent mieux connaître six grands auteurs qui furent avant tout des chercheurs de sens.

"Il fallait le faire. Consacrer un essai (presque intimiste) à six « monstres sacrés » de la littérature bretonne contemporaine : Xavier Grall, Eugène Guillevic, Louis Guilloux, Georges Perros, Armand Robin, Victor Ségalen. Son auteur, Jean-Louis Coatrieux, avait des arguments sérieux pour le faire. Il a côtoyé personnellement certains de ces auteurs, mais, surtout, il les a lus assidûment. Au point de publier déjà un recueil de poèmes inspiré par deux d’entre eux (Grall et Robin), publié en 2005 aux éditions La Part commune, sous le titre « L’intérieur des terres ».

Cette fois Coatrieux – épaulé une nouvelle fois par son compère artiste, Mariano Otero – nous fait pénétrer dans sa famille littéraire élargie, mais pourtant « réduite au strict minimum » puisqu’il ne nous parle que de six auteurs. Son essai n’entend pas être un livre de révérence mais plutôt une invitation à partager une passion. « En fait, quand je leur parle, c’est de vous, de moi. Ce sont les miens, voilà c’est dit ».

Grall ? : « Il avait cette fulguration du cri primitif ».
Perros ? : « C’est en quittant le théâtre qu’il a su tenir son rôle ».
Robin ?: « Il tenait salon en tête-à-tête avec le monde ».
Guillevic ?: « Lui sait qu’il doit épargner les mots, y placer des blancs pour mieux sentir leur texture ».
Guilloux ?: « Le respect du bonheur et du travail bien fait, oui, là, il était à son affaire ».
Ségalen ?: « En marchant, il s’inventait des noms, des destins et même des langues qu’il calligraphiait avec les mains, une autre façon de se préparer à l’autre frontière, là où la vie se tait ».

Tout est à l’avenant. Coatrieux écrit des phrases à l’emporte-pièce. Courtes. Incisives. Comme rédigées dans l’urgence ou dans une passion débordante. « Naturellement de parti pris ». Mais comment peut-on ne pas l’être quand il s’agit de tels écrivains.

Un salutaire essai, quoi qu’il en soit, car l’auteur connaît aussi la part d’ombre et la « vie cabossée » des auteurs qu’il aime. Mais il les sait loin de « la parole facile des services après-vente » qui sévit, aujourd’hui, dans une certaine littérature. « Les miens ont choisi d’écrire pour de vrai », écrit Coatrieux. C’est aussi simple que cela."

Pierre Tanguy

A les entendre parler : Grall/Guillevic/Guilloux/Perros/Robin/Segalen, par Jean-Louis Coatrieux, illustrations de Mariano Otero, La Part commune 2011, 126 pages, 13 euros.

mardi 30 août 2011

Le printemps des poètes 2012 sous le signe de l'enfance

Le 14e Printemps des Poètes se tiendra du 5 au 18 mars 2012 autour du thème de l'enfance, ou plutôt des "enfances". Cet intitulé, explique Jean-Pierre Siméon, directeur artistique de la manifestation, "voudrait inviter à considérer quelle parole les poètes tiennent sur les commencements, apprentissage du monde entre blessures et émerveillements, appétit de vivre et affrontement à la « réalité rugueuse », comment leur écriture aussi garde mémoire du rapport premier, libre et créatif, à la langue".

"Ce sera aussi l'occasion de mettre en lumière cette poésie qui tient l'enfant pour un interlocuteur sinon exclusif, du moins premier, une « poésie pour la jeunesse » qui, fuyant tout didactisme, s'est profondément renouvelée au cours des dernières décennies". Ce 14ème Printemps des Poètes sera, indique-t-il, "l'occasion de mettre en avant dans le répertoire de poésie pour la jeunesse le travail novateur de quatre éditeurs : Motus, Cheyne (Poèmes pour grandir), Rue du Monde et L'Idée Bleue (le Farfadet bleu)."



lundi 29 août 2011

Reportage de Paul de Brancion sur le festival de poésie de Sète

A lire, cet excellent reportage de Paul de Brancion, sur le festival de poésie de Sète, qui a rassemblé 32 000 personnes du 22 au 30 juillet 2011. "Le festival Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée, dirigé avec ténacité et talent par Maïthé Vallès-Bled, est un lieu où les poètes de très nombreux pays se rassemblent se parlent, et nous parlent", souligne l'auteur de l'article.

Plus de 100 poètes étaient présents cette année à Sète, parmi lesquels Joël Bastard, Philippe Delaveau, la portugaise Maria Joao Cantino, le syrien Nouri Al Jarrah, Pierre Tilman, les libanais Abdo Wazen et Abbas Beyddoun ou encore la poétesse israélienne Tal Nitzan.

Un reportage à lire sur le site Poezibao
Voir aussi le site officiel du festival

mercredi 24 août 2011

Le Grand prix du livre insulaire 2011 attribué aux éditions Bruno Doucey



Bonne nouvelle pour une maison à suivre de près : le Grand prix du livre insulaire 2011 vient d’être attribué à l’anthologie Outremer – Trois océans en poésie, établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey. Le jury du salon international du livre insulaire de Ouessant était présidé cette année par Jean Métellus. Ci-dessous, quelques extraits du mot de remerciement prononcé par Bruno Doucey lors de la remise du prix ce 21 août :

« À travers ce prix qui m’est remis, c’est d’abord un travail d’équipe qui est récompensé (…) Plus encore, ce sont les 80 auteurs de ce tour du monde en poésie que le jury du salon du Livre insulaire de Ouessant vient ainsi de saluer. Poètes venus de tous les horizons du monde francophone, de Saint Pierre et Miquelon à Mayotte, des Antilles à la Polynésie française, de la Réunion à Wallis et Futuna, témoignant de la richesse, souvent insoupçonnée, des poésies d’Outre-mer.

Enfin, par ce prix, c’est à la poésie elle-même qu’un vibrant hommage est rendu. Que cet événement soit pour nous, frêle embarcation en voyage sur les trois océans de la diversité humaine, l’occasion de rappeler ce en quoi nous croyons le plus fortement : la poésie ne permet pas seulement de tisser des liens entre les êtres, les générations, les cultures ; elle est un art de l’hospitalité, un art de vivre ensemble, le cap de plus avancé d’une utopie familière, la possibilité d’une patrie en archipel. »


lundi 1 août 2011

Pourquoi le papier a toujours de l'avenir

Vidéo très drôle, et pleine de bon sens, qui démontre que nos bons vieux livres ont sans doute encore de beaux jours devant eux avant que les tablettes numériques ne s'imposent véritablement. Écolo, pratique, peu coûteux... vive le papier !

Video - Book - Une nouvelle revolution technologique