jeudi 6 décembre 2012

Emission sur RCF au sujet des chemins de pèlerinage

Intervention sur RCF au sujet de mon dernier livre, "Sur la trace de l'archange", aux éditions Bayard. Avec, notamment, les écrivains Gaële de La Brosse et Jean-Claude Bourlès.

Le temps de le direChemin de pélerinage

mardi 4 décembre 2012

Jean-Claude Pirotte obtient le Goncourt de la poésie

Bonne nouvelle pour ce poète que j'apprécie beaucoup ! Le Goncourt de la Poésie, rebaptisé prix Robert Sabatier en l'honneur de l'écrivain et poète disparu en juin 2012, a été décerné le 4 décembre au poète belge Jean-Claude Pirotte, pour l'ensemble de son œuvre. A découvrir !

Extrait d'une interview avec l'auteur :

mercredi 28 novembre 2012

L'éditeur Grégory Solari : "Le livre lui-même est une sorte de continuité du corps humain"

Interrogé par Dominique Greiner dans La Croix, sur le fait de savoir si l'édition numérique constitue une menace pour le livre religieux, Grégory Solari, directeur de la maison Ad Solem spécialisée dans la spiritualité et la poésie, livre une analyse nuancée sur l'avenir de l'édition. Cet éditeur estime que le papier répond à la spécificité d'un certain type de littérature :

"Pour le christianisme, il y a le livre, le codex qui prend la suite du rouleau. Le rouleau avec son mouvement d’ouverture et de fermeture, d’enroulé et de déroulé participe de deux cultures: le paganisme avec l’éternel retour et le judaïsme qui s’achemine vers son accomplissement, qui le touche et se replie sur lui-même. Le christianisme adopte le codex, car celui-ci a quelque chose à voir avec la culture chrétienne. Sa forme véhicule l’idée de fin– de la ligne, de la page –, de totalité, chaque page étant solidaire d’un tout.

Le livre lui-même est une sorte de continuité du corps humain. Dans l’édition, on parle d’ailleurs de pied et de tête pour désigner les marges, des nerfs de la reliure, des caractères de la typographie, de l’œil d’une lettre. Il y a donc dans le livre quelque chose qui est absent du rouleau. Et les tablettes numériques, qui déroulent le texte, ne sont pas autre chose qu’un retour au rouleau. Le livre chrétien ne peut donc passer au numérique sans perte. C’est pourquoi je crois qu’il a encore un avenir. Dans le même temps, l’éclipse du livre est aussi un marqueur de l’éclipse de la culture chrétienne qui doit nous interroger".

Entretien passionnant à lire en intégralité sur le site de La Croix.

mercredi 21 novembre 2012

Poème du jour #3 - Dominique Sorrente


«Une fois par éternité, on voit surgir un passage lumineux qui nous désigne. Il ne faut pas le manquer. Le temps de nous frôler, il sera parti.»

Dominique Sorrente, C'est bien ici la terre, préface de Jean-Marie Pelt, MLD, 90 p., 18 €

vendredi 9 novembre 2012

Pierre Tanguy rend hommage à l'éditeur de poésie Yves Landrein

La « petite édition » perd Yves Landrein

Il était ce qu’on appelle un « petit éditeur ». Le Breton Yves Landrein est décédé d’un cancer, à 64 ans, le 28 octobre dernier à Rennes. Il avait fondé, en 1976 les éditions Ubacs, qu’il a tenues à bout de bras jusqu’en 1993. A cette date, il avait jeté l’éponge mais s’était relancé en 1998 en créant La Part commune.

Yves Landrein publiait ses coups de cœur, par amour vrai de la littérature et notamment de ce qu’il appelait « la matière poétique ». Celle-ci, selon lui, pouvait émerger dans un récit, un roman ou une correspondance aussi bien que dans un recueil de poésie. Il avait aussi l’art de ressortir des cartons des textes oubliés de grands auteurs. Ainsi trouvait-on à son catalogue Khalil Gibran, Paul Gadenne, Max Jacob, Rilke, Léon Bloy… Il avait ses grands auteurs fétiches (Georges Perros, Armand Robin…) et publiait volontiers des correspondances (Perros/Grenier, Flaubert/Maupassant, Guéhenno/Guilloux).

Bien que historiquement implanté en région, Yves Landrein n’a jamais cultivé le régionalisme. Il publiait des auteurs « en région ». Son immense mérite a été de révéler des auteurs inconnus ou méconnus vivant en Bretagne, à l’image de René Le Corre ou encore de Jean-Pierre Boulic (Prix de poésie Louis Montalte de la Société nationale des Gens de Lettres).

Yves Landrein avait mis cette phrase de Georges Perros au fronton de sa maison d’édition (250 ouvrages au catalogue) : « Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous redonnera le goût de vivre, si souvent en défaut à écouter les hommes ».
Un grand « petit éditeur » s’en est allé. Il nous manquera beaucoup. Sa compagne Mireille et l’une de ses filles, Irène, reprennent le flambeau.

Pierre Tanguy


Photo : Yves Landrein le 7 juillet 2008, à Rennes, dans son petit bureau chargé de courriers et de manuscrits. (photo Pierre Tanguy)

mercredi 3 octobre 2012

Le Printemps des poètes menacé

Chargée de la promotion de la poésie auprès du grand public, notamment auprès des jeunes, le Printemps des Poètes a lancé mardi 2 octobre 2012 un cri d'alarme après la réduction imprévue de 40% de la subvention du ministère de l’Éducation nationale qui l'a placé "dans une situation critique", annonce l'AFP.

Selon le communiqué qu'a reçu l'agence, "Le Printemps des Poètes est dans une situation critique: après 10 années de réductions constantes des moyens alloués à l'association, le ministère de l'Education nationale nous a annoncé au cours de l'été la coupe imprévue de 40% (60.000 euros de moins)".

Suite à cette adresse

Source : AFP

mardi 2 octobre 2012

Parution de "Sur la trace de l'archange"


Notre récit de voyage vers le Mont-Saint-Michel vient de paraître aux éditions Bayard ! Vous pouvez le trouver sur le site de la Procure, de la Fnac, de Gibert Joseph ou de Amazon.

Voici la présentation de l'éditeur :

Au Moyen Âge, l’abbaye du Mont-Saint-Michel fut, au même titre que Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle et Jérusalem, l’un des quatre sanctuaires les plus courus de la chrétienté. Les « chemins montois » irriguaient alors l’arrière-pays normand.L’une de ces voies reliait Paris à la Merveille.Après la Révolution, quand le Mont a été transformé en prison, les pèlerinages ont pratiquement disparu, jusqu’à ce jour. Cette tradition oubliée, l’auteur de ce livre a essayé de la faire revivre. Du 21 mai au 30 juin 2011, Pauline, François-Xavier et leurs enfants, Faustine (2 ans et demi) et Martin (7 mois), ont marché depuis Paris jusqu'au Mont-Saint-Michel, accompagnés d'un âne. 450 km au rythme des pas, à travers l'arrière-pays normand. Une aventure en famille sur la trace des pèlerins du Moyen Âge, à la redécouverte d'un chemin trop longtemps oublié. François-Xavier raconte la marche, décrit les rencontres et les découvertes, tout en faisant constamment le lien avec l’Histoire, l’héritage du Mont et du saint. Rapide bilan chiffré : 33 jours de voyage, 32 escales chez des particuliers, 88 rencontres, 450 km de marche, 200 couches changées sur le bord du chemin…Le livre est aussi un journal poétique, une méditation contemporaine sur le pèlerinage.

Voir aussi un avant-goût en vidéo :


Sur la trace de l'Archange ... from jpgvideo on Vimeo.

vendredi 28 septembre 2012

Chronique d'un été poétique en Macédoine


Pardonnez le silence des dernières semaines : vacances, travail, déplacements... Accaparé, j'ai négligé ce blog. Voici donc quelques nouvelles fraîches : fin août 2012, j'ai eu la joie d'être invité pour la 51e édition du Festival des soirées poétiques de Struga, en république de Macédoine, où mon recueil Dans la poigne du vent (Editions Bruno Doucey) a reçu le Prix de l'Unesco, attribué chaque année à un jeune poète d'un pays différent. 

Crédit photo : Festival de poésie de Struga.
C'est mon éditeur, Bruno Doucey, qui l'avait présenté à ce concours au cours de l'hiver. Abasourdi par la nouvelle de ce prix, j'y vois d'abord un encouragement à persévérer dans la quête solitaire et parfois âpre du mot juste, de la parole qui nous ramène aux origines... Ce voyage à Struga fut surtout une occasion de rencontrer d'autres auteurs venus du monde entier, d'entendre la musique d'autres langues. Je posterai prochainement des textes de certains des poètes que j'ai rencontrés là-bas.

Cette année, le lauréat de la Couronne d'Or (l'autre prix de Struga, le plus important et le plus ancien, destiné à un poète confirmé) se nommait Mongane Wally Serrote (photo ci-dessous), un grand poète sud africain, homme épris de liberté et d'une humilité totale. Ce poète succède notamment à Pablo Neruda (1972), Yves Bonnefoy (1999) ou encore Léopold Sedar Sengor (1975).  Joie de l'avoir côtoyé pendant plusieurs jours, d'avoir bénéficié de son expérience. Je n'oublierai pas ses conseils et son exemplarité. Merci enfin aux habitants de Struga : lové sur les rives du lac d'Ohrid, ce village discret ferait une patrie d'adoption idéale pour les poètes du monde. Merci à tous ceux qui ont rendu cette aventure possible. Vive la poésie.

Avec Mongane Wally Serote, au jardin des poètes.








Pour en savoir plus :

Festival des Soirées poétiques de Struga 

Bio de Mongane Wally Serrote 

Article en Anglais sur la 51e édition des "Struga poetry evenings"




jeudi 5 juillet 2012

Feux dans la nuit, de Colette Nys-Mazure

Poésie 1969-2005, Espace Nord, 432 p., 13 €

Paru dans le cahier Livres & idées de La Croix du 05/07/2012


Ce livre foisonnant ressemble à une source à laquelle on viendrait s’abreuver le soir venu, en silence, pour retrouver quelque chose de soi. Ici, nulle exubérance vaine, nulle torsion du langage propre à certains excès de la poésie contemporaine, mais une collection de poèmes empreints de sagesse et de douceur. De ceux qui réchauffent l’âme comme des « feux dans la nuit » . Bien connue des lecteurs de La Croix et de Panorama où elle tient des chroniques régulières, Colette NysMazure confirme qu’elle est l’une des voix majeures de la poésie francophone.

Couvrant quatre décennies d’écriture, son anthologie personnelle frappe par sa lumineuse cohérence. Celle d’une femme qui a fait de l’espérance le cap de sa vie, malgré « l’angoisse suante » dont cette orpheline fit très tôt l’expérience. Aux « illusions fanées », la poète belge oppose d’emblée cette « sève obstinée » qui irrigue chacun de ses vers. « Je tiendrai haut la lampe », annonce Colette NysMazure, avec ce sens de l’évocation qui caractérise son trait. Habitée par une foi profonde, elle n’a pas son pareil pour chanter « la beauté du monde toujours offerte » jusque dans les plus petits détails du quotidien.

Comme le résume Sylvie Germain en préface, en Colette NysMazure se « côtoient Marthe et Marie, la terrienne et la contemplative, la nourricière et la glaneuse, la charnelle et la rêveuse » . Et ce sont ces variations que l’on retrouve dans ce livre qui épouse les nuances de l’existence. De baignades dans la Manche en souvenirs de classe, de flâneries ardennaises en méditations saisonnières, Colette Nys-Mazure avance dans la vie, attentive aux visages, aux rencontres. Sa force ? Une sensibilité perpétuellement en éveil, comme un enfant qui « aurait les pouces verts pour susciter les fleurs de l’invisible » .

François-Xavier Maigre

mardi 3 juillet 2012

Extrait de notre documentaire sur le voyage au Mont-Saint-Michel

Il y a un peu plus d'un an, je partais avec mon épouse, Pauline, mes enfants Faustine et Martin, et notre âne Cakao, à pied vers le Mont-Saint-Michel. Notre objectif : retrouver en famille la trace des miquelots, ces pèlerins du Moyen-Âge qui abandonnaient tout pour cheminer, dans la brume et les ornières, jusqu'à la Merveille de l'Occident. Le récit de cette expérience paraîtra en septembre 2012 aux éditions Bayard. Un documentaire est en cours de montage. En voici un avant goût !

Sur la trace de l'Archange ... from jpgvideo on Vimeo.


Plus d'infos sur notre site

lundi 2 juillet 2012

Deux prix littéraires pour "Dans la poigne du vent"

Joie de vous annoncer que mon recueil Dans la poigne du vent va recevoir deux prix littéraires : celui du festival international de Struga en Macédoine, parrainé par l'Unesco, et le prix PoésYvelines 2012, soutenu par le Conseil général des Yvelines et la maison de la poésie de St-Quentin. Merci à leur jury, et merci à mon éditeur Bruno Doucey, qui a permis cette aventure !

mercredi 27 juin 2012

180 écrivains protestent contre une réforme du Centre national du livre

Le président du Centre national du livre (établissement public chargé de soutenir l'édition) vient d'apporter une réponse aux 180 poètes et écrivains qui s'inquiétaient le 26 juin, sur le site du Nouvel observateur, des effets d'une réforme leur paraissant révélatrice de « toutes les régressions imposées par le Marché à la grande Culture » et risquant, à terme, faire « mourir » de nombreux poètes dans « le plus total dénuement ».

La réponse de Jean-François Colosimo, président du CNL, a été publiée sur le site ActuaLitte.com : « les craintes sont absolument infondées », affirme-t-il, invoquant des motifs techniques pour justifier cette réforme. Il précise que « les crédits alloués à la poésie sont en augmentation, pas simplement pour l'édition, mais également pour les résidences d'auteurs, pour le Centre international de Poésie de Marseille, ou encore pour les manifestations ».

Une réforme des commissions du CNL annoncée récemment prévoit que théâtre, roman et poésie fusionnent au sein de la même commission. Cette annonce avait provoqué un certain émoi au sein du petit monde de la poésie. Une pétition a même été déposée le 25 juin au CNL. Parmi les signataires : Michel Deguy, Jacques Roubaud, Guy Gofette, Antoine Jaccottet ou Patrick Kéchichian. Leurs craintes sont-elles justifiées ? Affaire à suivre.

Source : le Nouvel Observateur / Bibliobs

mardi 26 juin 2012

Par obole, de Blandine Merle

Recension parue dans La Croix du 23/06/2012

Par obole, de Blandine Merle, Cheyne, 58 p., 15 €



En 2011, Blandine Merle, une enseignante parisienne d'une trentaine d'années, diplômée de lettres et d'art sacré, a obtenu le prestigieux prix de poésie de la vocation pour le présent recueil. Variation autour du destin tragique du personnage de Mouchette, campé par Georges Bernanos dans son roman Sous le soleil de Satan, ce petit livre révèle une écriture raffinée où la précision du trait n'a d'égale que l'épure qui le caractérise. Blandine Merle parle d'ailleurs de « la blancheur de la page », de « la précaution des linges avec lesquels le nouveau-né est approché du sein ». Au fil de poèmes elliptiques et volontiers impressionnistes dans leur façon de dépeindre le réel, le jeune poète revisite l'œuvre de Bernanos au travers du regard de son héroïne tourmentée. Faussement décousu, cet ouvrage offre une réflexion très personnelle sur le combat entre le bien et le mal, un combat où seule l'écriture permet de « couturer à soi le temps du purgatoire ».

François-Xavier Maigre

lundi 25 juin 2012

Anthony Phelps proteste contre l'impunité de l'ancien dictateur haïtien


















Photo © Editions Bruno Doucey

Pour exprimer son indignation devant l’impunité dont continue de jouir l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, le grand écrivain haïtien Anthony Phelps vient de refuser d’être honoré par le président d’Haïti Michel Martelly, indique un communiqué des Editions Bruno Doucey.

 « Je ne saurais accepter un hommage en temps qu’auteur de Mon pays que voici, tant et aussi longtemps que Jean-Claude Duvalier ne sera pas traduit en justice » a écrit Anthony Phelps au président Martelly le 15 juin dernier.

Agé de 83 ans, et vivant en exil au Québec depuis plus de 45 ans, après avoir connu les geôles du dictateur, " Anthony Phelps associe une œuvre magistrale à une droiture d’esprit qui fuit résolument toutes les compromissions", écrit son éditeur en France, le poète Bruno Doucey.

"Nous qui venons de publier son anthologie personnelle, invitation à découvrir 50 ans d’une œuvre poétique colossale, sommes solidaires de cette courageuse démarche". Tous les haïtiens connaissent son livre culte Mon pays que voici, hymne à son île natale, publié en pleine dictature, et son refus de cette décoration est une véritable onde de choc. "Son geste est l’honneur de la littérature haïtienne", conclut Bruno Doucey.

Anthony Phelps sera présent au festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée à Sète (Hérault) du 20 au 28 juillet.

dimanche 24 juin 2012

Retour de la TVA à 5,5% sur le livre

Bonne nouvelle pour les professionnels du livre : la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a confirmé le 21 juin le retour au taux de TVA réduit de 5,5% pour le livre, selon un calendrier qui tiendra compte des contraintes techniques et logistiques du secteur, le livre numérique étant aligné sur le livre imprimé. S'exprimant dans un communiqué, au lendemain d'une réunion avec les représentants des différents réseaux de librairies et des collectivités territoriales, Mme Filippetti assure placer l'avenir de la librairie, et plus spécialement des commerces indépendants, "au nombre de ses priorités".

(avec AFP)

lundi 18 juin 2012

Poème du jour #2 - Bernard Perroy





















"L'eau du puits,
dehors,
se tient tranquille,
ouverte sur les lèvres de l'aube

et cela pourrait tenir lieu
d'hymne à la paix."

Bernard Perroy, La nuit comme le jour, préface de Gérard Pfister, Le Nouvel Athanor, 80 p., 15 €

dimanche 17 juin 2012

30e Marché de la poésie au soleil des mots

Joie d'avoir partagé ce moment avec toute l'équipe des Editions Bruno Doucey. Ici avec l'ami Stéphane Bataillon et Bruno Doucey. Oui, la poésie est un art vivant, voué à renaître au soleil des villes. Les mots ne sont pas faits pour sommeiller dans les réserves des bibliothèques. A bientôt lors de prochaine rencontres !



mercredi 13 juin 2012

Dix poèmes interprétés sur les ondes de RCF

Merci à RCF, ainsi qu'à leur poète chroniqueur Jean-Pierre Boulic et à son acolyte, pour les dix émissions consacrées à mon recueil Dans la poigne du vent, tout au long du mois d'avril. Voici deux extraits de ces petites séquences.

L'orage est passé comme un cri...


Dans la poigne du vent 1 by FX Maigre

Or voici que l'enfant, pieds nus sur le seuil...


Dans la poigne du vent 2 by FX Maigre

mardi 12 juin 2012

Signature au Marché de la poésie

Si certains sont d'humeur flâneuse, je serai dimanche 17 juin au stand 506 des Éditions Bruno Doucey de 14h30 à 15h30 dans le cadre du 30ème Marché de la Poésie, pour une signature de mon premier recueil "Dans la poigne du vent", en vente sur place. Entrée gratuite, place Saint-Sulpice (Paris 6e). Peut-être l'occasion de se revoir !

samedi 9 juin 2012

Poème du jour #1 - Gilles Baudry



"Trouve des mots
qui soient des portes
derrière lesquelles
on écoute la mer raconter une histoire

de ces portes qu'on pousse
au-dedans de soi"

Gilles Baudry, Brocéliande, Liv'Editions, 110 p.

jeudi 7 juin 2012

Podcast de l'émission diffusée jeudi 7 juin sur RCF

Merci à Stéphanie Gallet pour son invitation à cette émission consacrée aux "Poètes d’aujourd’hui", diffusée sur RCF le jeudi 7 juin. Invités : Emmanuelle Leroyer, Membre de l'association Le Printemps des Poètes, responsable du secteur livre et formations, Jean-Pierre Lemaire, Poète et professeur de lettres et Gwenola Morizur, Membre de la Maison de la Poésie, coordinatrice des missions de l'association, et votre serviteur. Merci aussi à Jean-Pierre Lemaire pour avoir lu à l'antenne un passage de mon premier livre, Dans la poigne du vent.

Le temps de le direPoésie et Poètes d'aujourd'hui

Les éditions Bruno Doucey au Marché de la poésie

Comme chaque année, les éditions Bruno Doucey prendront part au Marché de la poésie, qui aura lieu du jeudi 14 juin au dimanche 17 juin 2012, place Saint-Sulpice, 75006 Paris. Dimanche, je serai heureux d'y retrouver ceux d'entre vous qui passeront !
Jeudi 14 juin de 14h00 à 22h00
19h00 à 20h00 : Paul de Brancion
18h30 à 19h30 : Pierre Vavasseur

Vendredi 15 juin de 11h30 à 22h00
16h00 à 17h00 : Oscar Mandel
17h00 à 18h00 : Ananda Devi
17h00 à 18h00 : Anthony Phelps
18h00 à 19h00 : Pierre Vavasseur

Samedi 16 juin de 11h30 à 22h30 
15h00 à 16h00 : Anthony Phelps
15h00 à 16h00 : Salah Al Hamdani
16h00 à 17h00 : Ananda Devi
16h00 à 17h00 : Anne Personnaz
17h00 à 18h00 : Stéphane Bataillon
17h00 à 18h00 : Anne Bihan

Dimanche 17 juin de 11h30 à 20h00 
14h30-15h30 : Stéphane Bataillon
14h30-15h30 : François-Xavier Maigre
15h30 à 16h30 : Jeanine Baude
15h30 à 16h30 : Anne Personnaz

mercredi 6 juin 2012

Le dernier recueil de Pierre Tanguy vient de paraître


Bonne surprise au courrier de ce matin ! L'ami Pierre Tanguy me fait parvenir son dernier né. Feuilleté rapidement : promesse d'un beau moment de lecture. A suivre. Mais, d'ores et déjà, je ne peux que vous le recommander. L'auteur parle du départ d'une mère : une vie qui s'achève, l'autre qui s'ouvre. Limpide et sensible, comme à son habitude.



"D'abord ces veines bleues
coulant sous la peau diaphane,
la trace encore visible
des lessives épinglées
dans le froid du matin".

Pierre Tanguy


vendredi 1 juin 2012

Soirée autour de Roland Nadaus à la Maison de la poésie des Yvelines

Jeudi 31 mai, j'ai eu la joie de retrouver le poète Roland Nadaus à la Maison de la poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines pour le lancement de son anthologie rassemblée et préfacée par Jacques Fournier, Vivre quand même parce que c'est comme ça (éditions Gros textes). Irène Clara, Hervé Martin, Lydia Padellec, Mario Urbanet, Jean-Michel Robert ou encore Yoann Lavabre étaient aussi de la partie. Merci à Roland Nadaus de m'avoir invité à lire l'un de ses poèmes, et succès à son livre !

Le poète Roland Nadaus (à gauche) avec Jacques Fournier, directeur de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines  (photo : F.-X.M.)



vendredi 25 mai 2012

Un poète arabe et un poète juif publient un bouleversant recueil à deux voix

Les éditions Bruno Doucey publient Bagdad-Jérusalem, À la lisière de l’incendie, bouleversant recueil à deux voix, celle du poète arabe Salah Al Hamdani et celle du poète juif Ronny Someck. Une œuvre où le lyrisme se déploie en Français, en Arabe et en Hébreu pour conjurer la haine et faire de la poésie une langue universelle. A lire, à faire connaître.


« Fais en sorte que la larme sur la joue du cygne
soit la première pierre
dans l’océan de la joie,
et que j’apprenne
à nager »
Ronny Someck

« Tu murmures en hébreu à propos de Bagdad
des mots émigrés de mon coeur
nuée de tourterelles
vers des îles inconnues »
Salah Al Hamdani

Collection « Tissages »
Diffusion harmonia mundi
Pages : 160
Prix : 16 €

lundi 21 mai 2012

Le poète Jacques Réda sur France Culture

Rare dans les médias, le poète Jacques Réda a donné une longue interview à France Culture. L'auteur est né à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) en 1929. Il a dirigé la Nouvelle Revue française de 1987 à 1996. Poète, il est également l’auteur de récits en prose et grand amateur de musique, spécialement de jazz. Il est membre du comité de lecture des éditions Gallimard. En 1993, l’ensemble de son oeuvre est récompensé par le Grand prix de l’Académie française... Personnellement, certains de ses recueils m'ont porté vers la poésie contemporaine : Amen, récitatif et la Tourne, Les ruines de Paris, L'herbe des talus ou encore L'incorrigible. Un écrivain peu exposé mais ô combien fécond. A lire et à écouter.

jeudi 10 mai 2012

Soirée poétique avec Pierre Vavasseur et Stéphane Bataillon

Mardi 15 mai 2012, nous serons tous les trois au Motif (observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France) pour la sortie du livre de Pierre Vavasseur, intitulé Tes yeux poussent la porte du monde (éditions Bruno Doucey). J'aurai la joie de lire des extraits de mon propre recueil, de même que Stéphane Bataillon. Bref, si vous aimez la poésie, rendez-vous mardi à 19 heures ! Adresse : 6 villa Marcel-Lods, Passage de l’Atlas, Paris 19e (M° Belleville). Entrée libre.



mercredi 2 mai 2012

Recension de Denis Peiron

Merci à Denis Peiron qui recense Dans la poigne du vent sur son blog.

C’est l’enfant qui parle à l’enfant. Celui qu’il n’a pas vraiment cessé d’être, celui qui toujours nous accompagne, prompt à parler en notre nom, pour peu que les émotions lui fassent la courte échelle. Dans son premier recueil paru tout récemment aux éditions Bruno Doucey, François-Xavier Maigre passe ses jeunes années au filtre d’un lyrisme teinté de nostalgie, décomplexé et séduisant. Au fil des pages, l’auteur recherche, retrouve, reconstruit sensations et souvenirs, dans une attention permanente à la nature, aux objets et aux êtres, à l’affût de toutes ces petites choses de la vie qui nous murmurent l’essentiel.
Le titre de l’ouvrage, « Dans la poigne du vent », dit bien cette foi qui caractérise François-Xavier Maigre, cette capacité à s’en remettre à l’existence, cette confiance placée en un souffle supérieur. Mais la main du vent est aussi celle qui disperse les souvenirs, celle qui reprend à chacun le peu de temps qui lui avait été donné. Une œuvre particulièrement touchante.

En voici un extrait :

Les bras d’un merisier
dérobent mon poème
au temps qui l’a vu naître

maintenant

mes doigts
comblent les blancs

dans le secret
des ombres.


Voici à présent, comme une ébauche de dialogue avec le recueil de François-Xavier Maigre, un court poème que j’ai rédigé sur le thème de l’enfance :

Everest

l’enfance est une montagne de sable
un petit tas de rien du tout

véritable Everest

érodé par le vent
érodé par le temps

qui un jour tourne
pour nous ensevelir

jeudi 26 avril 2012

Le doux chant des éléments

Article paru dans le cahier Livres & idées de la Croix du 26 avril 2012

Trois superbes recueils explorent les murmures du vent, métaphore de l'écriture tout entière

Par son expression même, la poésie est peut-être le registre littéraire le plus accordé au bruissement de la nature, ce « langage des fleurs et des choses muettes » dont Baudelaire sut restituer la mystérieuse vibration. Trois recueils très réussis, et de styles fort différents, s'attachent à poursuivre l'œuvre de ce glorieux devancier. Voix majeure de la poésie contemporaine, Philippe Delaveau prétend ainsi retranscrire Ce que disent les vents (Gallimard, 130 p., 18 €), dans un voyage aux confins de l'indicible. Avec cette exigence d'orfèvre qui a fait sa renommée, l'éternel mélomane qu'est Delaveau compose une subtile variation sur le thème du souffle, métaphore par excellence de l'écriture.

Cette ode buissonnière séduit par la connivence qu'elle établit avec le lecteur : c'est « notre destin si simple » que le poète se fait fort de porter jusqu'à « la mer immortelle ». Cette mer dont il esquisse, par touches, la secrète harmonie : « Voiles menues, Pentecôte, ailes blanches. Tout ce don pour le chant./Ce don très pur qu'aucune main n'atteint, ne peut atteindre. » Sa force ? Parvenir à traduire en mots le moindre paysage, y compris le plus banal : « Dans la constellation des vitres,/l'aurore affine ses récits. »

À travers ses pérégrinations autour du monde, l'auteur décline l'infinie partition qui s'offre à sa sensibilité. Dans ce livre, le souffle des éléments se confond parfois avec celui des origines, laissant affleurer la foi de son auteur : « Encore un jour, Seigneur, pour Te louer. (…) Les mots sont illusoires. J'entends alors/en contrebas comme pour se moquer, trois fois sur le fumier/du monde, avec les frottements de l'aube, le cri du coq accusateur. »

De facture plus épurée, mais d'une veine comparable, l'ouvrage de Jean Pichet s'attelle à la même quête : Un calme orage (Éd. L'Arrière-Pays, 76 p., 12 €), ou l'oxymore des sentiments. « La nuit est claire dans l'inhumaine/Sérénité du ciel./Je vais parmi les arbres, et tu viens/Au son des feuilles…/ Plus de peur./ Le temps vole,/Effleure nos souffles,/Presque silencieux/Au fond d'un calme orage, loin de tout. »

Chez lui aussi, la symphonie de la Création traverse l'acte poétique : « Comme le vent,/Je voudrais être une voix/Seulement, sur le rivage de tout… » L'Herbier (Éd. Jorn, 62 p., 12 €) composé par Joan-Maria Petit, en version bilingue occitan-français, parachève avec douceur cette flânerie au royaume des brises : « Dans le filet du vent/passent les nuages et le chemin/s'ouvre au large de l'été matinal…/ La bergère tient dans la main/un bâton de noisetier/et conduit le troupeau/au frémissement des fontaines/dans le temps de son cœur/et la respiration des arbres. »

François-Xavier Maigre

vendredi 13 avril 2012

Dans la poigne du vent diffusé au Québec

Invité au salon international du livre de Québec du 11 au 15 avril, Bruno Doucey me fait suivre ces photographies prises devant la Librairie Générale française, où les publication de la maison bénéficient d'une mise en place généreuse. Merci à leur équipe !





lundi 2 avril 2012

Le Printemps des poètes 2013 célèbrera « les voix du poème »

Alors que vient de se conclure le 14e Printemps des poètes - organisé du 5 au 18 mars 2012, sur le thème « Enfances », les organisateurs de la manifestation diffusent un communiqué de presse dressant le bilan d'un événement désormais solidement implanté dans le paysage culturel français. Il est vrai que la manifestation rencontre un succès populaire indéniable, des grandes villes aux plus petits villages ; preuve qu'un réel besoin poétique habite nos contemporains.

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique de l'opération, en profite pour annoncer le thème du 15e Printemps des poètes, qui se tiendra du 9 au 24 mars 2013, autour de l'oralité poétique : « Les voix du poème ». Un thème en forme de retour aux sources : « Dès sa naissance, au début des temps humains, la poésie est une parole levée, explique Jean-Pierre Siméon. Qu'il soit murmure,  cri ou chant, le poème garde toujours quelque chose de son oralité native ». Dès lors, la poésie ne serait qu'« affaire de voix » : « la voix intérieure du poète répondant aux voix du monde ».

« Le partage des poèmes dans la cité, qui est depuis quinze ans l'ambition du Printemps des Poètes, passe nécessairement par la voix haute », conclut-il, appelant poètes et comédiens à faire entendre cette « polyphonie vivante ». Plus que jamais, l'édition 2013 du Printemps des poètes devrait donc faire la part belle aux lectures publiques, aux performances scéniques... Comme s'il s'agissait de ramener la poésie contemporaine, longtemps sclérosée par les excès de l'hermétisme, à sa vocation primitive : une humble transcription de la musique de l'âme.

F.-X.M.

Podcast d'une intervention poétique à l'Université de Nantes

Le 21 février 2012, nous étions, avec Bruno Doucey, invités par l'Université permanente de Nantes dans le cadre de la parution du premier recueil de votre serviteur, Dans la poigne du vent, au mois de février 2012. Une soixantaine de personnes participaient à cette rencontre riche en échanges. Merci à eux !

Podcast à réécouter :

lundi 26 mars 2012

Enfances – Regards de poètes, dernière anthologie des éditions Bruno Doucey

Anthologie établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey, où figure l'un de mes poèmes, parmi ceux des amis Jack Küpfer, Stéphane Bataillon, Laurence Bouvet... Un voyage collectif à travers l'enfance des mots.

Le mot de l’éditeur : 
L’enfance… Tous les poètes de ce livre y ont eu droit. Certains d’entre eux ont été soulagés d’en sortir ; d’autres en conserveront toujours la nostalgie ; aucun d’eux n’aspire à y retourner. Finalement, que fait l’adulte lorsqu’il évoque l’enfance ? Il se souvient. Autrement dit, il s’absente un instant du présent pour retrouver un passé qui ne passe pas, projette sur un écran imaginaire des images d’autrefois. Dans cette anthologie, 90 poètes contemporains revivent à leur manière le film d’une enfance. Du flash-back, qui permet d’opérer un retour en arrière au contre-champ rendu possible quand un adulte interpelle l’enfance, de cette contre-plongée connotant le désir de grandir au fondu enchaîné par lequel les époques se télescopent, tous les textes de ce livre démontrent que l’écriture garde mémoire du rapport premier, libre et créatif, à la langue. Comme si l’enfance était toujours plus ou moins l’arrière-plan de l’écriture.

Collection : Tissages / Diffusion harmonia mundi / 208 p. / Prix : 17 € / ISBN :978-2-36229-028-2

Mention sur le blog "Un livre, un extrait"

Merci à son auteur d'avoir reproduit un poème de la "poigne" sur ce blog très original, où l'on croise notamment Jean-Pierre Lemaire, l'une des plus belles voix de la poésie française actuelle.


jeudi 22 mars 2012

Les promesses de la poésie, à lire dans La Croix

Dans la poigne du vent vient fait l'objet d'une chronique dans le cahier Livres & idées de La Croix du jeudi 22 mars 2012. Merci à Bruno Bouvet pour ce bel article, dont voici les premières lignes : 

François-Xavier Maigre révèle la profondeur de sa sensibilité dans un recueil qui exhale les parfums nostalgiques de l’enfance. 

DANS LA POIGNE DU VENT
de François-Xavier Maigre
Éd. Bruno Doucey, 110 p., 12 €

Pourquoi faudrait-il affecter une forme de distance polie, faire comme si nous ne connaissions pas l’auteur de ce premier recueil de poésie, François-Xavier Maigre, journaliste au service religion de La Croix  ? Les longues heures passées dans l’intimité (toute relative…) d’un bureau offrent l’occasion, certes fugitive, certes maquillée de rapports professionnels, de saisir un peu la personnalité de ce jeune homme de tout juste trente ans dont l’idéalisme se perçoit dans une nostalgie éperdue, peu en rapport avec son jeune âge (...)




mercredi 21 mars 2012

Dans la poigne du vent chroniqué par Panorama

Cette chronique, nous la devons au jeune journaliste Adrien Bail : merci à lui pour sa lecture aiguisée et pour ses paroles encourageantes. A lire dans le numéro d'avril du mensuel Panorama, édité par le groupe Bayard.


POESIE. Dans la poigne du vent (Bruno Doucey, 112 p., 12 €)

C'est un livre à lire d'une traite. Il s'y trouve quelque chose de cinglant, comme la rigueur de l'hiver durant lequel il a été écrit : la recherche d'un ailleurs perdu dans le soir de l'enfance. Spontanée, la plume du jeune auteur touche par le désir qui l'anime. Elle est écorchée : à la fois blessée et ouverte sur le monde. Un monde où l'on vient à exister sous le regard de l'autre, avant que fleurisse de nouveau l'enfance.

Adrien Bail

lundi 19 mars 2012

Dans la poigne du vent, sur Radio Notre-Dame

Merci à Faustine Fayette, journaliste à Radio Notre-Dame, pour la chronique qu'elle consacre à Dans la poigne du vent dans le cadre des "Petits bonheurs" dont elle gratifie chaque matin ses auditeurs. Cette chronique a été diffusée le lundi 19 mars 2012 à 6h30, 7h20, 16h et 20h50.Voici la présentation qu'en fait la journaliste : "Il est des hommes qui semblent nous ramener à la saveur de la vie grâce aux mots. François-Xavier est de cette espèce de poète-écrivain. Il publie son premier recueil de poèmes. Avec lui, les saisons de l’enfance refont surface, les mots sont ciselés sous sa plume, les vers sont oniriques. Il nous entraine dans un rythme poétique, un rythme nostalgique et lyrique qui nous suspend à la vie le temps de savourer un poème".




dimanche 18 mars 2012

Balade poétique dans l'Eure

Passionnante journée que celle qu'il m'a été donné de vivre, dans le cadre du Printemps des poètes, sur les routes de Normandie. A ma connaissance, l'initiative est d'ailleurs suffisamment exceptionnelle pour être saluée : depuis 2005, le Conseil général de l'Eure met en œuvre un événement, à l'échelle départementale, baptisé Place à la Poésie. Objectif : porter l'art poétique jusqu'au public, à travers de multiples rencontres.

L’édition 2012 s'est déroulée du samedi 10 au dimanche 18 mars 2012, sur le thème « Enfances ». Plus de 40 communes et bibliothèques et 27 collèges de l'Eure y ont participé. J'ai eu la chance d'y être convié une journée entière, pour la sortie de mon premier recueil, Dans la poigne du vent (éd.Bruno Doucey). Après une rencontre avec des collégiens de 6ème de Gasny, qui avaient étudié mes poèmes avec leur professeur de Français, j'ai pu en présenter un large extrait auprès des adhérents de la bibliothèque de Saint-Sébastien-de-Morsent, réunis par Gaëlle Afarkane, que je remercie pour son accueil.

La journée s'est conclue au château de Gaillon, en compagnie de la poétesse Anouk Journo-Durey, de Murielle Szac (des éditions Bruno Doucey), ainsi que de nombreux comédiens : lecture de poèmes à la lueur des flambeaux, suivie d'un café des poètes, face à une salle comble - enfants, adultes et retraités. Ce succès prouve qu'il se trouve aujourd'hui des gens, parmi les poètes, éditeurs et comédiens, qui ont soif de rendre la poésie à sa vocation originelle : celle d'un art populaire voué à relier les êtres, loin des impasses conceptuelles qui l'ont trop longtemps séparée du grand public.

Merci à Patrick Verschueren, Gersende Michel et Véronique Lepers, du théâtre Ephémérides, maîtres d’œuvre de cette expérience poétique hautement salutaire.

Château de Gaillon / photo : Nitot / Travail personnel / Wikimedia Commons

mercredi 14 mars 2012

Reportage sur l'un des derniers fondeurs typographes de France

Voici un superbe reportage diffusé le 13 mars 2012 sur TF1 : plongée dans l'atelier d'un des deux derniers fondeurs et compositeurs typographes de France, à Saran, près d'Orléans. Deux hommes œuvrent discrètement, perpétuant une technique en voie de disparition. Leur métier ? Couler les caractères en plomb pour former des textes et les imprimer, comme cela se faisait à la grande époque de l'imprimerie.
Il n'y a plus qu'eux et l'imprimerie Nationale à détenir ce savoir faire dans le pays... Peut-être l'une des dernières occasions de découvrir cet art si particulier de donner vie aux mots, dans la chaleur des machines et le cliquetis de rouages centenaires.

lundi 12 mars 2012

Concert parisien pour le lancement du premier album de Tomislav

Où, quand, comment ? Réponse ci-dessous. A ne surtout pas manquer ! Je vous l'ai déjà écrit maintes fois : les concerts de Tomislav sont des voyages inoubliables. Dans quelques jours, je vous proposerai une chronique de son premier album très réussi, "Avant le départ", qui mérite une écoute attentive. A suivre de près, donc.

Critique dans le magazine de Saint-Quentin-en-Yvelines

Merci à Pol Jean Mervillon pour cette chronique parue dans le Petit Quentin n°273 de mars 2012. Il s'agit du magazine de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, où j'eus la joie de faire une partie de mes études et d'obtenir un prix de poésie en 2002. Très touché, donc, par cette critique : merci à eux.


vendredi 9 mars 2012

Rover, timbre rare et rock hautement romantique

Mais d'où sort-il ? Voilà un jeune chanteur français, 33 ans, timbre à la fois sombre et angélique, qui déroute. Son premier single, Aqualast, dit tout de la dualité qui habite le personnage : aux premières mesures, il vous plonge dans l'angoisse ; l'instant d'après, c'est le ciel qui s'entrouvre. Sa bio officielle nous apprend que le jeune auteur "marche dans les pas de ceux qu’il considère comme ses maîtres", de Bowie aux  Beatles, en passant par ses contemporains d'Interpol et des Black Keys. De New York, où sa famille s’est installée lorsqu'il avait sept ans, Rover semble avoir digéré avec intelligence toute la frénésie créative. Il en opère une synthèse audacieuse, servie dans un disque éponyme truffé d'imparables mélodies.

C'est sur bandes, avec la chaleur de l'analogique, et non dans cette froideur numérique omniprésente, que Rover a choisi d'immortaliser son travail ; une facture peu commune au sein du rock actuel. Rien de passéiste, pour autant, chez ce musicien naguère voué au registre punk ; son disque sonne neuf - mais n'est-ce pas le propre de toutes les grandes œuvres en devenir ? Assurément, ce jeune artiste français est à suivre de près. Il y a du Michael Stipe et du Lou Reed dans cette voix qui rôde avec insistance dans les eaux fangeuses de l'âme, ainsi que le laisse pressentir ce premier clip très réussi, proche de l'univers blafard de Jim Jarmusch.

Mais lorsqu'il se laisse emporter dans les hautes sphères de sa voix de tête, le vagabond (rover, en Anglais) vous hisse avec lui sur ces arêtes vacillantes que seuls les Jeff Buckley et autres Brian Wilson ont su explorer avant lui avec autant de grâce. Si Rover émeut, c'est peut-être pour son sens du contraste : comme la vie elle-même, sa musique épouse les élans contradictoires du cœur et se joue d'une culture radiophonique sans doute trop étroite pour la sensibilité de son auteur. Pour ne rien gâter, au fil de ses premières interviews, l'intéressé révèle une humilité qui confère à sa démarche une noblesse naturelle. Qu'il ne la perde jamais... 

François-Xavier Maigre

mercredi 8 février 2012

Sous le signe de Cadou, critique de Pierre Tanguy

Merci à Pierre Tanguy qui signe la toute première critique de mon recueil, Dans la poigne du vent, qui paraît ces jours-ci aux éditions Bruno Doucey

François-Xavier Maigre sous le signe de Cadou 

Est-ce « l’acte de naissance » d’un vrai poète, comme le dit son éditeur Bruno Doucey ? Il y a tout lieu de le penser, car le premier recueil de François-Xavier Maigre est un véritable enchantement. Jeune journaliste à La Croix (au service religions), cet auteur d’à peine 30 ans, amoureux de la marche à pied (il a récemment fait le trajet Paris-le Mont-Saint-Michel avec sa famille) est un grand dévoreur de poésie. Et voici qu’il nous livre aujourd’hui ses propres textes, placés – il faut le dire – sous les meilleurs auspices : ceux de René Guy Cadou, un auteur qu’il affectionne et dont il cite en exergue ces deux vers : « Au seuil du feuillet blanc/ C’est ta main qui m’accueille ».

François-Xavier Maigre partage avec Cadou cet « instinct de lumière ». Son timbre de voix se rapproche – n’hésitons pas à le dire - de celui de l’Ecole de Rochefort. Des mots surgissent qui le font, en tout cas, étonnamment penser : «immensité de l’enfance », « nostalgie déserte des cours », « rire des enfants de passage », « villages transis au vent », « épaule du chemin », «ode buissonière », « procession des feux »… Autant de mots glanés dans ce recueil où les accointances avec l’univers du poète de Louisfert s’affirment ainsi au fil des pages. Comment ne pas s’en réjouir, à l’heure où tant d’œuvres poétiques restent encore marquées du sceau de l’hermétisme et de l’abstraction. La quête de l’auteur, celle d’un monde plus lumineux, ouvert sur l’amour, passe par l’enfance. Le jeune adulte qu’est aujourd’hui François-Xavier Maigre regarde le gamin qu’il fut. « La pluie tapote à ma capuche », écrit-il, « J’ai six ans à peine ».

Le voici, plus tard, avec « deux mandarines en poche » et « un brin d’écorce sous les ongles ». Et, au passage, cet aveu : « J’ai beau n’être rien/mes yeux sont ouverts ». Le poète s’acharne donc à « fouiller un instant encore/les miettes de l’enfance », car, raconte-t-il, « tout ce qui passait/ était bon à prendre/même/un restant de lune/entre les toits penchés ». Mais le voici, bientôt, loin des senteurs de l’enfance, dans la ville-Capitale. Lui qui cherche « une parole brûlante/comme/battement de calice » se cabre de douleur. Il n’aime pas « l’aube mutilée des métropoles » ni ces lieux où « tout est mort autour/des arbres secs ». Le jeune François-Xavier n’accédera à la vraie lumière et à la paix intérieure que par la rencontre de l’autre. A commencer par celle qui deviendra sa femme. « L’automne déborde des yeux/je déborde de toi ». La naissance d’un premier enfant (« pelote de tiédeur (…) dans la maladresse de mes bras ») avivera cette lumière.

Dans cette « allégeance aux choses simples » qu’il revendique, François-Xavier Maigre rejoint donc une fratrie d’auteurs (ses « frères d’encre ») qui ont choisi de dire le beau et le vrai face à la noirceur du monde et à la « catastrophe tranquille » dont parlait Saint-Pol Roux. Il faut vite découvrir son écriture, fortement marquée par ce qu’on appelle aujourd’hui « la quête de sens ».

Pierre Tanguy  

Dans la poigne du vent, par François-Xavier Maigre, éditions Bruno Doucey, collection « Jeunes plumes ». 110 pages, 12 euros.

lundi 6 février 2012

Alix de Saint-André, une catholique au milieu des athées

Dans La Croix du 4 février 2012, j'ai eu le plaisir de signer un long portrait de l'écrivain Alix de Saint-André, dont voici les premières lignes.

Ses écrits ont fait d’elle une figure de proue du monde catholique. Ce raccourci embarrasse l’intéressée, qui rechigne à l’idée d’incarner autre chose qu’elle-même. Rencontre avec une personnalité nature.

Comme dans son récit de pèlerinage, le décapant En avant, route ! (Gallimard), c’est à pied qu’elle surgit. Solidement chaussée, polaire beige et sac à dos de rigueur, Alix de Saint-André promène un large sourire au vent d’hiver, et, disons-le, dénote un peu dans le paysage cossu du 7e arrondissement de Paris.

Il y a dans la démarche de cette femme de 54 ans quelque chose de juvénile, un tonus que ni les années ni les épreuves ne semblent avoir affaibli. Sans même vous connaître, la voici qui vous embrasse comme un vieux compagnon de marche, s’enquiert de votre attente et vous entraîne illico dans le hall de l’immeuble où elle tient ses quartiers, quai d’Orsay.

Dans l’ascenseur, elle vous explique que ses grands-parents acquirent ce pied-à-terre pour assurer leurs vieux jours, et que, dans les années 1950, on ne construisait pas si mal que cela… De Rimbaud, à qui elle a chipé le titre de son livre, l’écrivain hérite un phrasé de bateau ivre que rien ne paraît en mesure de contenir, mais qui vous la rend immédiatement sympathique.

Car derrière ce flot de paroles, Alix de Saint-André, c’est d’abord une présence. Chaleureuse, joviale ; la sienne est entièrement tournée vers son interlocuteur, qu’elle mitraille du regard, comme pour mieux l’embringuer dans ses espiègleries (...).

Lire la suite sur le site de La Croix.

dimanche 5 février 2012

"Poésie, une passion française", par Alain-Jacques Lacot

Le critique et poète Alain-Jacques Lacot vient de publier dans le Magazine littéraire de février 2012 une enquête fouillée sur l'état du marché de la poésie en France, relevant ses paradoxes et ses perspectives. Voici les premières lignes de ce papier très réussi :

"Aborder l’univers de la poésie en France, c’est entrer dans un monde de paradoxes. Qu’on en juge : plus de 100 000 personnes s’adonnent à l’écriture de la poésie mais le tirage moyen des recueils édités est de moins de trois cents exemplaires. Sauf exception, les « grands » éditeurs ont abandonné le domaine de la poésie mais environ cinq cent trente structures éditoriales existent sans compter les structures d’auto-édition. La poésie est quasi-absente des grands médias mais des évènements poétiques fleurissent en France, pas seulement au printemps, dont certains réunissent des dizaines de milliers de personnes. Elle a une image parfois passéiste et élitiste mais une certaine jeunesse s’en empare et pratique le Slam.Alors que , dans le passé , elle a souvent été dominée par certains courants, elle n’a jamais été aussi diverse et plurielle qu’aujourd’hui. Donc, si la poésie est en crise : vive la crise ; si la poésie est morte : vive la poésie." La suite est à lire ici.

jeudi 2 février 2012

"Poésie à guichets fermés", par Pierre Assouline

Passionnant billet, publié le 22 janvier par l'écrivain et journaliste Pierre Assouline sur son blog. Celui-ci salue à sa manière le dynamisme des poètes et des éditeurs, malgré leur peu d'audience chronique. La poésie, dit-il, "est réputée invendable ; on n’en vit pas ou mal mais elle aide à vivre et bien ; les éditeurs spécialisés ont toujours autant de mal (ici un hommage au Castor Astral) et les autres donnent l’impression de faire plaisir à un grand auteur-maison lorsqu’ils lui concèdent la publication d’un recueil de poèmes ; des revues exigeantes telles que Po&sie animée par Michel Deguy n’ont pas l’audience qu’elles méritent. Et pourtant, la poésie, telle qu’on en parle avant même de la lire en public, fait l’événement et draine des foules. Il y a quelques jours, une semaine parmi d’autres, à Paris"... La suite est à lire ici. Un bel hommage, qui reflète la vigueur souterraine de la poésie contemporaine.

dimanche 29 janvier 2012

Conférence et lecture de poèmes à Nantes

Avec Bruno Doucey, nous serons tous deux à l'Université permanente de Nantes (2 bis bd Léon Bureau ) le 21 février, à 14h, dans le cadre du cycle Poésies d’ici et d’ailleurs qu'anime mon éditeur. Lectures et dédicaces sont au programme.

Par ailleurs, un internaute vient de mettre en ligne cette vidéo d'une conférence récemment donnée par Bernard Pivot et Bruno Doucey. Cette séquence vaut le détour : elle donne à entendre la ferveur d'un éditeur qui croit en ce qu'il fait.


vendredi 27 janvier 2012

Mon premier recueil paraîtra le 9 février 2012 !

Merci à mon éditeur, Bruno Doucey, pour sa confiance sans faille et le cheminement qu'il m'a donné d'engager avec lui et avec son équipe. L'aventure ne fait que commencer. A bientôt pour des lectures, des rencontres, des soirées ; toutes ces choses qui font que la poésie est un art vivant et non un objet de collection. A très vite, donc !  .

Présentation sur le site des éditions Bruno Doucey.


Auteur : François-Xavier Maigre  

Parution : le 9 février 2012

Le mot de l’éditeur : Je connaissais les articles de ce journaliste du quotidien La Croix, mais j’ignorais que derrière le nom de François-Xavier Maigre se cachait un poète de cette trempe. Quelle trempe ? Celle d’un jeune auteur qui ose affirmer son lyrisme et sa quête de sens. Par ces poèmes empreints de musicalité et d’images oniriques, François-Xavier longe « la rive insoupçonnée qui mène à l’enfance », retrouvant les joies, les peines, les ardeurs qui l’ont fait homme. Comme s’il s’agissait de tendre la petite main de l’homme à l’invisible, de faire confiance à la nuit, d’épouser « un royaume en perte de lui-même »… Dans la poigne du vent n’est pas simplement un premier recueil : il est l’acte de naissance d’un vrai poète.


Extrait :

« Les bras d’un merisier
dérobent mon poème
au temps qui l’a vu naître
maintenant
mes doigts
comblent les blancs
dans le secret des ombres. »  

Collection « Jeunes plumes »
Diffusion harmonia mundi  
Pages : 112  
Prix : 12 €  
ISBN : 978-2-36229-024-4

jeudi 12 janvier 2012

"René Guy Cadou, encore et toujours", par Pierre Tanguy

Le poète breton Pierre Tanguy me fait parvenir cette excellente note de lecture sur une anthologie de René Guy Cadou parue au mois de septembre chez Points. Je n'ai pas encore eu l'occasion de la lire, mais je vous livre cette recension sans hésiter une seconde : le poète de Louisfert occupe en effet une place privilégiée au panthéon de mes auteurs de chevet. Est-ce pour l'empreinte de l'enfance qui marque toute sa poésie ? Pour l'évidence de sa parole ? Ou pour la fraîcheur de l'amour qu'il porte à sa femme Hélène ? Je ne le saurais le dire, mais ses textes m'habitent au quotidien. 
Merci à Pierre Tanguy pour la justesse de sa critique.

 

Il nous a quittés il y a maintenant plus de soixante ans (le 20 mars 1951) mais son chant garde toute sa force et toute sa saveur. René Guy Cadou, dont la vibration secrète ne cesse de nous émerveiller (et de nous réveiller), voit aujourd’hui une anthologie de ses principaux ouvrages publiée dans la collection de poche Points. L’éditeur remercie l’écrivain malouin Olivier Adam pour « avoir eu le premier l’idée et l’envie de ce livre », mais c’est le normand Philippe Delerm qui introduit avec bonheur cette anthologie. Avec bonheur, mais aussi avec modestie car l’auteur à succès de La première gorgée de bière sait tout ce qu’il doit au poète secret de Louisfert. « Enfant d’école moi-même, enfant de ces lieux traversés d’enfance, enfant de la mélancolie des classes de campagne (…), je mêle toujours à mon école intérieure celle de René Guy Cadou », écrivait déjà, en 1990, l’enseignant Philippe Delerm dans un numéro de la revue nantaise Signes consacré aux Cadou (René Guy et Hélène). « La poésie de Cadou est mémorable, ajoutait-il, non parce qu’elle obéit à des cadences, à des folklores, non pas parce qu’elle est simple, mais parce que sous la musique, sous le chant, le bonheur et la douleur s’y répondent dans le même absolu ».

Tout est dit, dans ces mots, sur ce qui fonde la postérité de Cadou. Et Philippe Delerm le réaffirme aujourd’hui. « Jamais sans doute, écrit-il dans la préface à cette anthologie, poésie d’exigence intérieure n’a été si chantante, jamais poésie chantante aussi exigeante ». Il insiste donc sur cette poésie « intimiste parfois, intériorisée toujours » qui part du plus profond de soi et d’abord de l’enfance. Et de citer les vers fameux de Cadou : « Odeur des pluies de mon enfance/Dernier soleil de la saison ». Pour autant l’enfance n’est pas là pour réveiller les souvenirs. Il s’agit bien plus, comme l’a dit le poète lui-même (et le rappelle Delerm) de « la retrouver dans chaque geste de l’âge mur ».

Bien d’autres thèmes – on le sait – traversent l’œuvre de Cadou et Delerm les pointe avec justesse : l’odeur des saisons, la conscience du monde souffrant, la présence de la mort, l’amour d’Hélène (oh, combien !) et aussi l’appel de Dieu et sa présence. « Mais c’est un Dieu christique, incarné », note Delerm (« Mon Dieu je pense à vous comme à un homme… », écrivait Cadou). Partout, dans chaque poème, c’est « la même exigence de pureté, d’intensité ».

On n’est donc pas surpris que des enfants (surtout des écoliers) aient pu s’approprier cette parole ou que des chanteurs, épris eux aussi d’exigence (Beaucarne, Douai, Lann-Huel, Servat, Bernard, Forcioli…), aient pu capter chez l’instituteur-poète de Louisfert « la singularité d’une voix, l’universalité d’un chant ».

Pierre Tanguy 

Comme un oiseau dans la tête, poèmes choisis de René Guy Cadou, préface inédite de Philippe Delerm, éditions Points, 335 pages, 7,80 euros.

mercredi 11 janvier 2012

Des nouvelles du Printemps des poètes 2012

Ce communiqué de presse vient d'être transmis par les organisateurs du Printemps des poètes, dont nous avions annoncé le thème il y a plusieurs mois.

Voici les dernières informations : des milliers d’événements partout en France pour "dire, lire la poésie, inviter les poètes dans les bibliothèques, les écoles, les théâtres, les hôpitaux, les librairies, la rue, les transports, sur les places publiques, sur les murs, les plages..." 

Sur le thème Enfances : une bibliographie indicative, des poèmes inédits libres de droits à télécharger, une sélection de livres à paraître, d’expositions, de spectacles… disponibles sur le nouveau site du Printemps des poètes.

Inauguration : soirée Laurent Terzieff et ses poètes, lundi 5 mars, au Théâtre National Populaire de Villeurbanne, avec entre autres Robin Renucci. Soirée retransmise sur France Culture les 11 et 18 mars.

De nombreuses initiatives en milieu scolaire dont la 10e édition du Prix poésie des lecteurs Lire et faire lire (500 lecteurs bénévoles liront des recueils de poésie à des milliers d’enfants dans 42 départements) ; le concours Poésie en Liberté... et des centaines d'animations dans les établissements scolaires.

A noter également : la 4e édition du Concours Andrée Chedid du poème chanté. Christian Olivier des Têtes raides, président du jury 2012.
- 4e édition du Concours est ouverte jusqu’au 15 janvier. Il s’agit de composer une chanson à partir d’un poème de Michel Butor.
- Le lauréat participera au concert événement le 13 mars 2012 à l’Alhambra (Paris) avec Christian Olivier, Marcel Kanche & I Overdrive Trio, Nevcherhirlian et Laetitia Sheriff avec Trunks.

Nouvelles initiatives :

- Concert poétique sous casque, A l'impossible on est tenu, par La Cie (Mic)zzaj, au musée du quai Branly, le 18 mars à 15h et 17h. 3 musiciens et 2 comédiens font entendre des poèmes pour la jeunesse, entre humour et réalité (spectacle familial à partir de 7 ans).
- Ciné-poème, 1e édition du festival de courts-métrages de poésie initié par la ville de Bezons (95), les 22, 23 et 24 mars 2012.
- Le Label Ville et Village en poésie distingue les municipalités qui mettent à l’honneur la poésie.
- 1er Concours de composition musicale Pierre-Jean Jouve pour ensemble instrumental. Concerts à Lyon et à Paris.

mardi 10 janvier 2012

Somebody that I used to know

C'est une prestation à couper le souffle : le groupe de rock indé Walk Off the Earth, originaire du Canada, vient de livrer une reprise sidérante de la chanson de Gotye "Somebody That I Used to Know". Au-delà de la performance, il y a dans cette interprétation quelque chose de génialement sensible, de rare. Une guitare, des paumes nues, des voix qui le sont tout autant : époustouflant.




Pour la petite histoire, "Somebody That I Used to Know" est aussi le nom d'une chanson du compositeur folk américain Elliott Smith, disparu tragiquement en 2003. Ce dernier fut sans doute l'un des plus dignes héritiers des Beatles et de Simon and Garfunkel, chantre d'une mélancolie qu'il parvenait à sublimer avec une science mélodique peu commune. Cette chanson est à mon sens l'une de ses plus vibrantes réussites :

lundi 2 janvier 2012

Les éditions Bruno Doucey saluées par Bernard Pivot

Le fait est suffisamment rare, en presse quotidienne, pour être mentionné. C'est une superbe chronique que vient de livrer Bernard Pivot dans Le journal du Dimanche daté du dimanche 01 janvier 2012. Le célèbre critique littéraire offre un véritable plaidoyer pour la poésie d'aujourd'hui : "Non, lecteurs, ne fuyez pas. La poésie n’est ni repoussoir ni trompe-l’œil. Ce n’est pas parce qu’elle est ignorée des médias qu’elle ne vit pas. Ce n’est pas parce qu’elle est modeste – quoique l’orgueil des poètes n’ait jamais fait relâche – et le plus souvent souterraine, qu’elle ne produit plus d’œuvres éclatantes."

"La poésie, assure Bernard Pivot, a toujours des lecteurs". Probablement sont-ils "moins nombreux" qu’à des époques "plus accueillantes au chuchotement et au lyrisme", concède-t-il, mais ils forment "une communauté dans laquelle la curiosité le dispute à la ferveur". "Je suis certain que de nombreux lecteurs du JDD jugeront prometteur qu’en ce premier jour de la nouvelle année la poésie s’affiche dans leur journal. D’abord, à travers un homme, Bruno Doucey, qui revendique avec panache l’héritage du poète et éditeur Pierre Seghers. Non seulement il a dirigé pendant quelques mois les éditions qui portent le nom de son célèbre aîné, mais c’est lui qui avait rédigé le catalogue – une vraie biographie illustrée – de l’exposition "Pierre Seghers — Poésie, la vie entière", du musée du Montparnasse."

Le créateur de l'émission Bouillon de culture dresse un portrait très juste de cet éditeur, chez qui j'aurai l'honneur de publier mon premier livre dans quelques semaines : "Poète lui-même, Bruno Doucey a eu l’audace – sans argent – de créer une maison d’édition. Dans de petits livres très soignés, il publie des poètes du monde entier, militants dans l’âme, lyriques dans l’écriture. Ils résistent aux oppressions de toute nature, ils militent pour la liberté, et ils ont du talent. Ainsi le Tunisien Moncef Ouhaibi avec Que toute chose se taise, 21e ouvrage des Éditions Bruno Doucey."

Bonne année à tous les lecteurs du blog !

Il paraît que la crise rôde à nos portes, que nos sociétés sont malades, et qu'on n'a encore rien vu. C'est peut-être vrai. Est-ce une raison pour se résigner ? J'aime à penser qu'il nous reste l'amitié pour conjurer la morosité qui taraude notre vieux monde. Que les mots ont plus que jamais le pouvoir de féconder ce que l'on croyait n'être que ruines et cendres. L'année 2012, qu'elle soit pour vous et les vôtres un moment de renouveau et d'accomplissement. A très vite, ici ou là.

Et surtout, portez-vous bien !   

 
     (Photo : F.-X.M. , lac d'Ohrid, en Macédoine)