jeudi 5 juillet 2012

Feux dans la nuit, de Colette Nys-Mazure

Poésie 1969-2005, Espace Nord, 432 p., 13 €

Paru dans le cahier Livres & idées de La Croix du 05/07/2012


Ce livre foisonnant ressemble à une source à laquelle on viendrait s’abreuver le soir venu, en silence, pour retrouver quelque chose de soi. Ici, nulle exubérance vaine, nulle torsion du langage propre à certains excès de la poésie contemporaine, mais une collection de poèmes empreints de sagesse et de douceur. De ceux qui réchauffent l’âme comme des « feux dans la nuit » . Bien connue des lecteurs de La Croix et de Panorama où elle tient des chroniques régulières, Colette NysMazure confirme qu’elle est l’une des voix majeures de la poésie francophone.

Couvrant quatre décennies d’écriture, son anthologie personnelle frappe par sa lumineuse cohérence. Celle d’une femme qui a fait de l’espérance le cap de sa vie, malgré « l’angoisse suante » dont cette orpheline fit très tôt l’expérience. Aux « illusions fanées », la poète belge oppose d’emblée cette « sève obstinée » qui irrigue chacun de ses vers. « Je tiendrai haut la lampe », annonce Colette NysMazure, avec ce sens de l’évocation qui caractérise son trait. Habitée par une foi profonde, elle n’a pas son pareil pour chanter « la beauté du monde toujours offerte » jusque dans les plus petits détails du quotidien.

Comme le résume Sylvie Germain en préface, en Colette NysMazure se « côtoient Marthe et Marie, la terrienne et la contemplative, la nourricière et la glaneuse, la charnelle et la rêveuse » . Et ce sont ces variations que l’on retrouve dans ce livre qui épouse les nuances de l’existence. De baignades dans la Manche en souvenirs de classe, de flâneries ardennaises en méditations saisonnières, Colette Nys-Mazure avance dans la vie, attentive aux visages, aux rencontres. Sa force ? Une sensibilité perpétuellement en éveil, comme un enfant qui « aurait les pouces verts pour susciter les fleurs de l’invisible » .

François-Xavier Maigre

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